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Pour ce qui est des films «canadiens», il fallait un événement comme Ti-Coq pour décider ma famille à se déplacer; en tout cas ma mère et ma tante. Elles n'étaient pas allées voir Un homme et son péché ni Séraphin parce qu'écouter l'émission de radio leur suffisait (de toute façon, ma mère disait toujours que la voix d'Hector Charland lui donnait envie de se débloquer la gorge); elles avaient manqués Le rossignol et les cloches parce que Nicole Germain énervait ma mère, qu'elle la trouvait snobe et froide; pour rien au monde elles n'auraient pris la peine de dépenser de l'argent pour Le grand Bill : ma tante Robertien n'aimait pas beaucoup rire, au cinéma, elle disait qu'elle allait aux vues animées pour pleurer et que si elle ne pleurait pas, elle avait gaspillé son argent. |
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Michel Tremblay, Les vues animés (suivi de Les loups se mangent entre eux) p. 94 |
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