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Il revenait aux Fridolinades de Gratien
Gélinas. L'autodérision est une manière de s'accepter, d'éviter
la plainte et encore davantage la révolte. Le petit homme triomphe
en se ridiculisant, en jouant l'innocent. Plus tard, dans Bousille
et les Justes, le petit homme ne sort plus gagnant comme son
prédécesseur Fridolin. Il est une victime.
Marcel Dubé prend le relais. Un père dominé par un patron qui ne parle pas sa langue, résigné, sans ambition, mais qui fait face à l'incertitude et à la constante menace de perdre son emploi. Il abandonne le contrôle de son existence à sa femme, n'ayant que l'alcool comme recours et comme refuge pour retrouver le goût de la vie et un semblant de liberté. Plus que la pauvreté, la misère de l'existence éclate au grand jour et est exposé sans honte. Les enfant sont laissés à la dérive. La femme tient les rênes de la famille et c'est une jeune fille, Florence, à peine dégagée de l'adolescence, qui crie sa révolte et sa soif de vivre. Michel Tremblay représente-t-il la relève? À côté de ses Belles-soeurs, des femmes qui font irruption dans le cercle fermé de la famille, cherchant, dans le bruit et le fracas, à déjouer une infinie tristesse et un pesant ennui, il met en scène des hommes déguisés, masqués, qui affirment leur différence derrière l'écran protecteur qu'ils s'érigent eux-mêmes. |
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Naïm Kattan, L'amour reconnu, L'Hexagone, 1999, p. 105-106 |
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