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Lecture de poésie à Trois-Rivière :
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Claude Beausoleil, trois tables plus loi, en compagnie d'un jeune homme au cheveux de jais, aux yeux doux comme une biche, bien sapé, âgé de pas plus de dix-huit ans, un petit Adonis que notre ami a rencontré dans ses cours. C'est un professionnel du recrutement des nouveaux espoirs, le Claude. Cul et quatrains! C'est comme ça qu'on s'y lance, dans le milieu. Avec une bonne dose de bave lubrifiante, on te publie dix recueils. Pour faire de la poésie, il ne faut pas être poète, non : il faut qu'on soit plombier. C'est avant tout un travail de tuyauteries, de boyaux à vider, à explorer. Demandez-leur. Ils sont prêts à tout pour deux de leurs vers dans votre bimestriel. Ah! On ne me fera pas repentir! On ne me pardonnera pas mes paroles bad! Soit! Qu'ils me tirent dessus si ça leur chante! Je m'armerai encore plus! Je les disséquerai tous! Où j'en suis, là? Ah oui! J'en vois d'autres! C'est le gratin, ma parole! Si quelqu'un fait sauter une bombe, on va perdre le quart de la culture poétique, cette fromagerie! | |||||
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Patrick Brisebois, Trépanés, L'effet pourpre, 2000, p. 80-81 |
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