L’action imprévue de l’onde

annule la rigueur du silence

plus semblable à la mort qu’à l’herbe

poussée sur les réverbères des rues.

on se recouvre de sel

 

À la mer les heures s’écoulent mieux

on met des palmes

en quelques minutes on est hors du désert.

Ainsi l’espace blanc ne finit pas

dans le puits de l’encre

il tente de s’allonger vers le sud

enfilant des rêves dans les poches du vent.

 

La stratégie du sommeil

isolée dans le vide

capturée au harpon

volée aux ténèbres

est notre mémoire

rincée de la rancœur.

 

Ainsi les images

obsèdent moins

que les roses rouges

brûlées par la douleur.

         

 

*

Tous savent ce que j’ignore

ceci est le meilleur côté

de l’inconscience d’agir.

Je hume le vert synthétique

allongé sur le terrain de jeu

pressé par l’étau politique

par la fausse certitude du pouvoir.

 

Chaleur que délivre

le fait de sentir

le gel entre les doigts.

 

J’observe les yeux fermés

les angles frénétiques de la bouche

les feuilles lacérées par les épines.

Pour cela je ne saurais mentir

sur la gratitude du regard.

Sans rien dire

les mots creusent les dents

sous la langue et le palais

rafraîchissent la blessure du cou.

 

Passe l’arc-en-ciel au-dessus de la maison

restent collés à la peau

les yeux-pétales des enfants

qui surpris regardent là-haut. 

      

 

*

Croisement d’ombre

sans queue ni tête.

Souffler et se projeter

au-delà de la collision.

De l’amour on passe

dans la bouche de la haine

de l’absurde détachement.

 

Reste une trace

qui t’échappe

ainsi avec le temps

l’entente se gâte.

 

Les rues surgissent ainsi je trébuche dans le voyage

comme des spores qui en moi se répandent telles que le lierre qui enrobe

sans tiédeur, déchirent les muscles et vident les veines.

Je voulais t’admirer (la nuit) sans mettre le feu au monde.

 

 

        

 

*

AVEC DU VERRE DANS LES MAINS

 

Depuis des années je pratique les dimanches comme si de rien n’était

la lumière glisse sous un tapis de feuilles et c’est le gouffre

des souvenirs qui s’enflamment

et puis voici le lundi le mardi le mercredi

et encore et encore. Les attentes, tu sais, ne sont pas

le cimetière qui nous ressemble

dans son éclat de voix

de taches dorées sur la mort

qui passent avec le verre dans les mains

ainsi ma halte est proche

depuis longtemps et admire, donc, les grands phares

les lueurs qui bercent et celles qu’en don ramène la lune.

 

Traduction de l'italien : Viviane CIAMPI

Alessio BRANDOLINI

d'après Il male inconsaperole

Éd. Il ramo d'oro

 

Voir le texte en version originale