Passeport pour l’Iran

Marie-Ève MARTEL

Montréal, Lanctôt Éditeur, 2006, 274 p.

 

 

Avec Passeport pour l’Iran, la jeune auteure Marie-Ève Martel signe sa première œuvre. Récit de voyage, témoignage, enquête sociologique, cette œuvre exploite les différentes avenues dans lesquelles s’aventure l’auteure « en solitaire », comme elle ne manque de le rappeler à maintes reprises, vantant très souvent les avantages et les mérites d'une personne qui découvre seule un pays.

Dans son livre, Marie-Ève Martel nous confie son voyage en Iran, en quête d’une philosophie derrière la religion islamique qui gouverne le pays.  Adoptant un regard à la fois féministe, politique et sociologique, l’auteure tente de changer l’image que les Occidentaux ont du monde musulman et des pays gouvernés par un régime islamique.  À cette fin, elle questionne les Iraniens et Iraniennes rencontrés sur son passage, amorçant quelques fois des discussions étonnamment ouvertes avec eux.  Situation politique du pays, rêves pour l’avenir, port du rusari et du tchador, vie quotidienne entre Iraniens, tels sont les sujets qui intéressent la jeune auteure.

Outre cette perspective sociologique, Passeport pour l’Iran se veut également un récit de voyage. L’auteure nous fait voyager de ville en ville, depuis Téhéran, la capitale, à Ispahan, la magnifique, et Mechhed, la ville sainte, pour ne nommer que celles-ci, sans omettre un détail des beautés entrevues en route : bazars, caravansérails, salons de thé (ou « chaykuneh »), madrasas, mosquées, … Elle nous guide à travers ces lieux, nous fait part de la sympathie des habitants, des odeurs des épices ou du thé, des céramiques enchanteresses des mosquées et de leurs jardins, de la beauté des Iraniennes discrètement camouflées par leur rusari.

À cette douce poésie iranienne s’ajoutent les commentaires personnels de la voyageuse solitaire, les confidences qu’elle nous fait sur son aventure, sans oublier les intermèdes historiques sur l’Iran, d’ailleurs très bien documentés, depuis la période anté-islamique jusqu’à l’ère contemporaine, gouvernée par la République islamique et déchirée par l’influence de l’Occident. La question de l’identité patriotique demeure centrale tout au long du récit.

Ce récit est donc celui d’une Occidentale entrant en contact avec une société différente, sous un regard bien personnel mais actuel, quoique parfois naïf, car encore jeune.  Une lecture à recommander, notamment à ceux qui s’intéressent à la situation politique des pays islamiques et à leurs peuples. Un bémol toutefois à la correction de ce texte, qui comporte plusieurs coquilles.

 

 

Myriam GAGNON

 

Myriam GAGNON œuvre comme enseignante auprès d’enfants en difficultés d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Détenant une maîtrise en littérature, elle complète actuellement une maîtrise en intervention éducative.