À
l'aurore du jour où tout respire la quiétude
semblable au coeur de la nuit
ta présence me revient et m'enveloppe
m'étreint sans que je n'y puisse rien
Des
mots s’étiolent
sur
tous les supports qui te portent
des mots en friche des mots d’abandon
des
mots de trahison
haute
Je
ne décolère plus maintenant
qu'en
compagnie du silence
et
de nos souvenirs
revivant
au ralenti
la
reprise de nos combats
Sur
une page de ton carnet de cuir gravé
écrire
décrire les perles de l’enfance
jonchant les recoins
d’une
maison aphasique
Dans
ce silence absurde
imprégnée
dans chaque tic tac
l’image
d’une fillette hagarde
clopinant
le long de la route
toujours
en retard
en
revenant de l'école
Ta
présence exhale
l’odeur
du grenier
refuge
dans un refuge
telle
une poupée russe
ventre
chaud apaisant
loin
du bruit et des cris
aberration
sous les coups
cravaches
et …
Seul
le silence apaise
le
tourbillon de ces années décaties
À
bout de fatigue quand la ville s’endort
je
finis par écouter le vide
celui qui nous happe
en
un tango infernal
de tatouages en cicatrices
jusqu’à
ne plus rien attendre de personne
Mon
sommeil de
moins en moins lourd
je
racle l’horizon brumeux
après
une autre nuit pluvieuse
notre
nature décadente sur papier buvard
Ressentir
la décrépitude
chaque
fois que s’assèchent nos mains
papiers
tant de fois remâchés
posés
là sur une figure difforme
au
creux des non-dits
Tu
minerais toutes les aurores du jour
espérant
ainsi un scintillement d’étoiles de plus
sur
ta peau froissée
des
années-lumière à taire nos inepties
Appuyée
au dos de la Camarde
tu
oeuvreras une pièce d’enfant
que
tu abandonneras au gré du vent
en
y fixant enfin
le prix du silence