SILENCE BLANC

 

 

 

Il y a le silence blanc

libéré de la pesanteur

un silence au bruit anguleux

aux mâchoires d’acier

pointues.

Il accapare

l’air léger

il est parallèle

au ciel clair

il longe le talc

des photons

presque immatérialisés.

Il se confond

avec le jour saupoudré par l’azur piquant ;

il y a un silence blanc

qui taille, coupe et

élargit,

qui glisse

tel une aile innée

sa présence

est bien perceptible,

son odeur est

de citron vert.

Il occupe le terrain nu,

vide qui s’applique à pousser,

à refouler

choses et gens.

Il dévale

ce que les yeux

ne savent pas identifier,

ce que les mots voudraient chercher,

ce que les mains

ne palpent pas.

 

 

Patricia LARANCO

 

SILENCE II

 

 

 

Silence plein.

L’acte dernier

s’inscrit dans l’axe des douleurs

quand tremblent tes lèvres de pluie,

ton regard de silence plein

en faction sur sa propre mue

l’horizon naît

de leur présence.

Œuf hybride, silence plein

qui t’attend

au seuil des trophées

lorsque l’acte premier

retient

l’absence ultime

du présent.

Silence

veille sur tes reins.

Jamais le Loin ne fut si près

jamais ton souffle de vivant

ne fut à ce point

en attente.

Silence de pulsation,

silence-œuf

silence-œil et cœur

silence tel un doigt posé

sur la rétractation

des lèvres

Silence

bulbe carcéral

paix centrale

des tourbillons.

 

 

Patricia LARANCO