nous
voici derrière le soleil
bouches
ouvertes
béantes
dégoulinantes
d’un filet épais de liquide visqueux
nous
voici
derrière
le soleil où le décor n’existe pas
où
l’ombre n’existe pas
où
tout est plus clair que sous le soleil
où
seul l’étang est sombre
le
vent ne souffle pas
nous
voici glissant à reculons
dans
le silence
fermez
vos bouches
nous
venons
avec
les bagages de là-bas
avec
les bagages de l’inexistence
fermez
vos bouches
nous
voulons naître
maintenant
**
le
soleil va s’atrophier
glissez
glissez
dans le silence
avec
les bagages de l’inexistence
mais
n’oubliez pas le chant de la mouche
l’inexistence est devant et derrière
l’Existant