Tracer le mot silence

et le briser.

 

 

Quelle tresse possible entre le silence

la musique la parole ?

 

L’ignorance face au réel

qui pousse à fouiller la langue

cette maladie incurable

dont nous serions amers et amoureux

en vertige

comme des mains cherchent furieuses

une chose dans le vide

n’existant que dans l’orage de la tête.

Et parfois en extraire un éclair

qui danse au creux de la paume

bouleverse et fuit

donne mais échoue encore.

 

 

 

Laisse entrer l’air froid dans la pièce

et de la même façon en toi une musique.

Avec ta solitude elle te réconcilie

elle irrigue ta cassure

elle te donne un effacement.

 

Une musique

certes au plus vrai du réel

et en dessous, perdu, un silence

qui nous unirait à la source du dehors ?

Écarte cette antique et belle chimère.

 

Avec ta misère souveraine

approche.

 

 

Le silence

qui n’est peut-être

qu’un vœu.

 

 

Stéphane CHAUMET