ORNÉ D'AIR   DE FEU

 

I

Elle attend

tout l'automne

devant la porte désignée

-la porte interdite   dit-elle-

 

des oiseaux s'impatientent

 

errante   dans sa tête

le vacarme continue

 

autour de son banc

plumes et sacs noirs miroitent

amadouent l'enfance

 

 

II
Des fous de théâtre

ce printemps

déversent clés   accessoires et masques

au creux de ses bras

 

elle apprend   alors 

presque à rebours

l'immensité de l'univers

 

elle découvre maux et scintillements

lien entre les signes des humains

 

éclat de l'exploration

 

 
III

En plein été

la lumière pétrit sa conscience

elle abandonne la nuit glaciale

 

désormais   elle demeure à l'affût 

du bon côté de la porte

orné d'air   de feu

-la porte inédite   dit-elle-

 

pierres d'attente

ses pas ne sont plus isolés

 

épaules et sang écrivent sa présence

 

France BOUCHER