Exilé
dès l’origine, fallut-il ce voyage
Aux
limites de soi-même, pour comprendre
Cette
évidence ?
Médée étouffe ses enfants
Et
l’ouragan est plus sûr
Que
son étreinte fillicide
A
celui qui, rendu aux limites
Se
prend à chercher quelle raison préside
N’est
donné que de buter
Sur
ses surplus d’ignorance
*
Alors,
penser, c’est psalmodier
Chantonner
dans le noir
Quand
tout manque et manquera toujours
La
langue, qui vient du corps
Réduite
comme lui à se détruire
Inéluctable
percée vers la perforation
Et
le foutre constellant
La
vie de leurs trous noirs
*
Et
que soient maudits les dieux absents
Que
soit maudit l’homme absent
Il
assied sur ses genoux la beauté
Il
l’a trouve amère et l’injurie :
Prophétie!
Prophétie!
Entre
les rives, estompées
Seul
le flux foudroyé
L’égare
encore en ce qu’il cherche
A
force de repousser tes simulacres
Anus
mundi…
*
Il
ne répond de rien puisque rien ne répond
Cette
errance est prophétique
Cette
chute à l’abîme
Considérez
la volupté du déclassement
Et
des salissures : il n’existe nulle liberté
Sans
jeter par-dessus bord les corps morts
Des
augures
Toute fondation se fit au fil de l’eau
Par
le rejet : c’est du ventre de l’esquif
Que
surgit, avec la conscience des douleurs
Et
de l’inique, la race qui se mit
A
regarder en face le soleil
*
La
sainteté comme le crime sont
inadmissibles
Aux
yeux qui lâchèrent la proie pour l’ombre
Il
faut littéralement tomber
Dans
la grâce ou la damnation qui sont au fond
Au
prix d’une infinie nuance les mêmes voies
Et voici du soleil l’œil d’or
C’est
l’Homme aux mille tours qu’il me faut dire
Tandis
que la mer encore baigne ses rumeurs
Il
a vu les banlieues dans leur solaire pulvérulence
Où
le monde marche en se globalisant
Et
sur les détritus l’azur flambait
Digitales
nuageuses, sable des pérégrins
Tout
accélère et tout se retient
C’est
le même murmure
La
lessive éternelle où tout se recommence
C’est
le gouffre, c’est le bleu des voix aimées
Avec
leurs paroles mortelles et bien-aimées
A
travers la mémoire, non le temps
Car
la mémoire aussi fragile soit-elle
Parlera
toujours au plus près du cœur