Hommage à un poète inconnu


 

Comment baiser le visage du rien
Sans avoir embrassé les yeux de l'abîme ?

Dans l'atrium de ma cathédrale un poète est mort
Son ombre se projette au hasard des destins

Personne n'a cherché son corps nauséabond
Personne ne l'a conduit au cimetière
Personne n'a récité la plus humble prière
Et personne n'a pu voir comme son âme s'est multipliée
Sur le plus abîmé des hémisphères

Comment avec le pain des miracles
La tendresse fut le pain des désespérés
Et le monde a tremblé lorsque tombe la nuit des rêves

La conscience frémit
Sans emporter la mort des vivants
Moins encore celle d'un pèlerin du verbe

À l'aube j'achèterai une rose
Et je crucifierai sa métaphore
Au-delà de la mort je réinventerai ses poèmes !

 

 



Luis DEL RIO-DONOSO