Je me suis plantée dans le paysage
Peint dans un coin
Enfoncée dans le terreau
Noir et humide
J’ai foré le globe
En espérant un parfait tableau
Hallucinant la pénombre sans sommeil
L’aurore sans réveil
Les deux pieds à labour
J’ai pris racine
Prisonnière de l’Avaleur de temps
Captive
Je me suis espérée, différée, rêvée
Dans les regards, les cervelles, les sentiments
Languis de reconnaissance
Interrompue, immobile
En marée d’un vague à l’âme
Explorer le sol fertile
Qui s’évapore en fumée
Autour de moi
En épouvantail morose
J’ai fais le guet
De bourgeons en zénith
De feuilles mortes en verglas
…La faucheuse…
Et schlack!!!
Au ras des malheurs…
On m’a extirpé
Crapahuter, marcher, trottiner
J’ai entrevu la montagne
Le récif tout devant
J’y ai planté un cerisier
Des fleurs au goût de fruits
Branchages en coton
Quelques pousses (pouces)
À tous les premiers quartiers de lune
Une voie lactée en papier mâché
Je reçois un joli chaos
Sans ruban
Bitume, blouson de cuir
Fragrance de mazout mêlée au sel marin
Vivace rayon
Me visite le coeur
Sans invitation
Et m’inspire