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Il y a des villes…
Bien sûr, bien sûr, y a pas de vôtres ni de nôtres,
Mais que tu restes ou que tu partes loin
Il y a des villes qui te ressemblent plus au moins,
Il y a des pays qui te ressemblent plus que d’autres.
Il y a des villes qui te ressemblent de plus en plus,
De plus en plus elles te ressemblent et c’est sûr
Qu’il faut absolument que tu les vois.
Allez !!! Go !!! Come on,
Il y a des villes, des villes qui te rassurent,
Qui t’engloutissent, mais doucement, mais tendrement.
Cellule par cellule, neurone par neurone
Tu t’effiloches, tu te dissous. Allez !!!! Go !!!
On te rassemblera après pièce par pièce, phrase par phrase
Comme un puzzle, comme un lego,
Comme on rassemble une famille autour d’une table,
Mais pas pour un dîner, pas pour un soir, mais pour longtemps.
Et là c’est qui que tu fréquentes ? C’est qui que tu côtoies ?
Il y a des villes qui t’attendent et te ressemblent,
Il y a des gens, des gens qui pensent comme toi.
Ou qui ne pensent pas comme toi,
Qui pensent autrement
Mais pensent quand même
Et qui t’appellent quand même de temps en temps.
Tu vois comment ça se passe : les lois durcissent, les cerveaux rétrécissent
Et au milieu il y a des gens qui pissent
Contre le vent.
Le vent devient complètement aphone,
Il a l’air con.
Dis - quand la pression est bonne,
Quand la pression est bonne,
On peut se le permettre non ???
On peut se le permettre – donc, écris !
Parle ! Marche !
T’a plus envie de pisser – crache.
Et il te reste encore mille, mille SMS gratuits !!!
Et il te reste encore quelques milliards de mots et des tabous
À transgresser,
À rédiger, chaque chose vient à son tour,
2-3 Larousse des mots doux
2 Petit Robert des mots d’amour.
Voilà. Il y a tout ça – des villes qui te rassurent,
Des gens qui t’appellent de temps en temps.
Il y a aussi cette mort, ta mort qui dure
Jusqu’à demain matin, jusqu’à demain matin,
Quand les petites mains de je sais plus quelle créature,
De je sais plus quel créateur te rassembleront pièce par pièce.
Fibre par fibre, fil par fil elles vont recoudre ton tissu.
Demain les petites mains feront tout ça pour toi, qui cherche une issue,
Écoute écoute que c’est chouette, que ça chuchote, que ça proteste
Par une douleur de moins en moins aiguë –
Tempête du Nord, Mistral du Sud, Souffle de L’Est
Et tu n’existes plus et tu n’existes plus…
Près
de la gare
Tu sais, mon rêve c’est habiter près de la
gare
Dans un petit immeuble sympa
Pour entendre les trains ;
Le bruit de leurs arrivées et de leurs départs,
Pour entendre les voyageurs ;
Leurs cris et leurs pas.
Oui, près de la gare, près de la jolie petite
gare.
Près de ses séparations et de ses rencontres
Et être un peu son écho,
Pour me réveiller tôt et me coucher tard
À force d’y penser trop.
J’aimerais bien aussi y aller de temps en temps
Peu importe quand ; le matin, l’après-midi ou
le soir
Pour voir comment sont les gens ;
Heureux ou contents ou peut-être qu'ils auront le
cafard.
Et après en rentrant chez moi
Tourner dans ma tête ces images
Et avoir l’impression que je voyage.
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Ekaterina
BOUCHOUEVA
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Ekaterina
BOUCHOUEVA
(Katia)
est née à Moscou, en 1982, où elle a étudié la
philologie française. Depuis 2002, elle vit à Grenoble où
elle fait ses études de doctorat en science du langage.
En 2005, à Moscou, elle a reçu le Prix littéraire
Ilya-Premija. Elle est membre de la Section lyonnaise des
Amasseurs de mots et participe à des scènes slam à
Lyon, à Paris et à Grenoble. Elle anime des ateliers d'écriture
et publie ses poèmes en revue. |
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