Les classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Précédent

 

Suivant

Article paru dans le numéro 123, automne 2006, de la revue Lettres québécoises (pages 18-19).

 

 

 

 

 

 

 

Un roman en fleurs… du mal

Après deux recueils de nouvelles, Mélanie Vincelette signe un magnifique premier roman.

Le titre de son roman rappelle celui des célèbres Fleurs du mal de Baudelaire. Il le fait d’autant plus que des fleurs sont au centre du roman, celles du pavot, et que celles-ci évoquent une dualité puisque leur «beauté […] envoûte» et qu’elles sont «rouges comme le diable» (p. 67). 

Un univers insolite

C’est autour d’elles que Mélanie Vincelette a construit son univers et plus particulièrement autour de la «première plantation de pavots à opium en Amérique du Nord» (p. 52). La plantation est située à La Conception, un village des Laurentides qui, sous la plume de l’auteure, n’a rien de banal. Il est peuplé de personnages singuliers qui gravitent autour d’Émile, la narratrice, affublée par erreur d’un prénom de garçon. Le père d’Émile, Philippe, dit le Baron, est celui qui cultive le pavot, espérant ainsi faire fortune; il pratique aussi la taxidermie et l’infidélité conjugale. Sa mère, Anouk, est cuisinière chez Miss Patate où elle prépare des mets inusités pour un tel lieu, tels des joues de veau à l’écarlate; «spécialiste en tarots et oracles» (p. 16), elle prédit aussi l’avenir à ses nombreux clients. Sa grand-mère, quant à elle, clavarde avec un Mexicain à qui elle a caché son âge et avec qui elle rêve d’amour. La famille loge dans un motel désaffecté, infesté de chauves-souris. Près d’elle vit Liam, un vieux peintre marseillais qui s’est chargé de l’éducation d’Émile en échange d’un logement gratuit dans la grange; il l’initie à la peinture et lui montre parfois le Van Gogh qu’il cache sous son lit. Plus loin, habite Nila, l’amie d’Émile qui est la fille de Pavel Bouillon, le propriétaire du Faucon bleu, un bar de danseuses logé dans une roulotte, et d’Anise, une danseuse disparue peu après la naissance de Nila.  

Le roman raconte quelques mois dans la vie d’Émile, l’été de ses douze ans, l’été où son univers bascule alors qu’elle doit faire le deuil de son innocence et d’êtres très chers. Secrètement amoureuse d’Eduardo Luna, le nouveau vicaire du village, et conseillée dans ses amours par Irlande, la danseuse qui est la maîtresse de son père, elle apprend de manière cruelle que l’amour n’est pas ce qu’elle croyait. Pendant ce temps, un fou rode dans la forêt et la police découvre un cadavre sous des lys sauvages. Heureusement qu’Émile peut se réfugier dans la peinture et rêver de Tanger, dont lui parle souvent Liam. 

Un univers envoûtant

L’univers de Mélanie Vincelette est envoûtant comme les fleurs du pavot. Il envoûte tant par sa singularité que par l’écriture tout en finesse par laquelle elle le fait vivre. L’écrivaine avance par petites touches précises qui débouchent parfois sur une remarque d’une grande justesse ou sur une évocation poétique habile. Même si les événements se bousculent, dans les derniers chapitres, rien ne paraît jamais forcé et l’écriture est d’une grande fluidité. Un bonheur de lecture!

 

Josée Bonneville

Mélanie Vincelette, Crimes horticoles, Montréal, Leméac, 2005, 149 p., 17,95$.

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire

Tous droits réservés © 2003 - 2010 IndexQuébec Inc.