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Roman de moeurs de quatorze
chapitres, écrit au passé avec pas mal de dialogue. Le narrateur,
absent, tient l'histoire des «trappeurs, les gens de la ligne et
des tours, les gardiens» qui «racontent encore avec émotion
l'histoire de la belle Louise Genest». Le premier chapitre est mal
foutu, les divers éléments de la situation initiale sont mal
agencés; pour ce qui est de la fin, elle est non seulement
prévisible, mais tout autant judéo-chrétienne (d'accord, on baise
ailleurs que dans le lit conjugal, mais il faut bien être puni). Le
texte aurait mérité d'être resserré, mais les descriptions de la
nature restent très jolies et, plus que dans plusieurs romans, on
comprend mieux l'ordinaire des protagonistes (et le chevauchement
des époques, ainsi : «Il n'y a rien de neuf chez eux tandis qu'au
magasin Genest, on trouve de tout, depuis l'huile à lampe jusqu'à
la mélasse, du corset pour dames aux lunettes de soleil, des
brosses à dents jusq'aux peaux de veau en tas dans le coin.» ; ou
voyez encore cette citation, à propos du téléphone au temps des
orages et des éclairs: «N'ayez pas peur, Madame [...] J'ai
disconnecté les fils. C'est pas ben dangeureux à c'te heure ; mais
vaut mieux vous asseoir par icitte, pareil. C'est pas prudent près
des fils, comme ça. Moi, j'aime pas ça.»
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