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Elle est venue au monde dans
un autre monde, à Saigon, pendant l'offensive du Têt. Bientôt, toute la
famille doit fuir par bateau ce « Vietnam déchiré en deux »
(p. 11), toutes ses possessions réduites à quelques diamants plus ou
moins ingénieusement dissimulés. La famille accoste finalement en
Estrie, où elle réduira à une fonction de miroir un grille-pain, objet
de première nécessité, croit-on pourtant en ces terres... Une galerie de
personnages interviennent dans la vie de la narratrice, et tous ont en
commun d'avoir « secoué la crasse accumulée sur leur dos afin de
déployer leurs ailes au plumage rouge et or, avant de s'élancer vivement
vers le grand espace bleu, décorant le ciel de mes enfants, leur
dévoilant qu'un horizon en cache un autre et qu'il est ainsi jusqu'à
l'infini, jusqu'à l'indicible beauté du renouveau, jusqu'à l'impalpable
ravissement. » (p. 144)
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