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Du vagin à la mine, il
ne faut pourtant pas creuser longtemps pour trouver un fil
conducteur...
Après ses histoires de fentes obscures qui
attirent le petit pape (Contes coquins pour oreilles
folichonnes, 2000), et leurs conséquences logiques, des
histoires tournant autour de l'enfantement (La
Désilet s'est fait engrosser par un lièvre, 2005),
tous publiés chez le même éditeur, la conteuse Renée
Robitaille nous arrive avec un sujet totalement différent,
celui des Hommes de pioche.
C'est à cause de son petit garçon curieux de
tout, a-t-elle dit au journal de Val-d'Or en 2006, qu'elle a eu
envie de revisiter le pays qui l'a vue naître et de s'en
inspirer pour écrire ces récits de mineurs. Récits qui vont
dans toutes les directions et qui appartiennent à divers
registres. Certains sont de banales histoires de taverne, des
histoires de pisse (un remède au tétanos?) et de tours
pendables; d'autres sont plus dramatiques, comme celui d'une
maison en feu où un couple voit, un 14 février, périr trois
de ses enfants.
Le recueil s'ouvre sur une question d'Arthur, un
petit garçon qui demande à sa mère ce qu'elle fait avec une
grosse valise. Elle s'en va conter dans le pays des géants, lui
répond-elle. Et de lui expliquer, par images, ce qu'est l'Abitibi-Témiscamingue
et le lecteur de comprendre qu'elle laissera derrière elle son
petit gars... Mais non, il interviendra tout au long du
recueil...
Après ce préambule, le recueil fait un détour
par l'Italie où la conteuse, enceinte d'Arthur, est l'invitée
d'un quelconque festival du conte. Dans un café, elle fait la
rencontre fortuite d'un dénommé Antonio, un Italien qui a
déjà roulé sa bosse dans les mines d'Abitibi et qui charge la
conteuse de rapporter une fiole à un certain Grand Zaphat.
Quatre ans plus tard (Arthur s'exprime de la même façon que
lorsque, foetus, il intervenait dans le café italien), elle
revoit sa grand-mère en Abitibi et elle se met en quête du
Grand Zaphat. Va t'en demander Ti-Cas à la taverne du coin, lui
suggère-t-elle, il connaît toutes les histoires de mineurs. Et
les histoires viendront de celui-ci et de Pinchaud, qu'il
s'agisse des histoires qui tendent à vous mettre une pépite
dans l'oeil ou des histoires simplement divertissantes.
L'auteure a glané celles-ci, comme il se doit,
dans les mines et les tavernes, et elle a à l'évidence un
réel souci d'authenticité, ce qui pollue parfois la fluidité
du récit qui s'encombre alors de détails pas toujours
essentiels qui m'ont laissé songeur (Antonio est
inexplicablement au courant des problèmes de santé du Grand
Zafat, par exemple). L'auteure nous propose aussi quelques
contorsions inutiles et rarement convaincantes pour en arriver
à présenter Arthur au Grand Zafat.
Le CD finement livré qui accompagne le livre
offre un texte relativement décalé par rapport à la version
écrite, assez décalé pour que l'un contribue à éclaircir
des passages de l'autre. Un montage sonore des entrevues
réalisées par madame Robitaille ouvre chaque plage. Sur ses
précédents CD, le timbre de voix de la conteuse et son rendu
me rappelaient désagréablement la manière de Passe-Partout;
ici, elle est bien mieux incarnée.
Sébastien
Lavoie
  
Renée Robitaille, Hommes de pioche,
Montréal, Planète rebelle, 2008, 97 p., 21,95 $
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