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Voilà longtemps que je n’avais lu un si bon
roman! Le personnage principal, Barney Panofsky, est un être
fascinant qui raconte sa vie sans complaisance ni pour lui-même ni
pour les autres. Misanthrope et cynique, alcoolique et bourru, il est
aussi tendre, généreux, sensible, fantaisiste et amoureux fou de sa
troisième femme, Miriam. Il m’a hantée plusieurs jours après la
fin de ma lecture. De plus, le roman intègre toutes les
caractéristiques de la modernité, autant techniques (narration à la
première personne, structure non linéaire, utilisation de notes de
bas de page qui contredisent ou précisent le texte) que thématiques
(la mémoire, l’absurdité de la vie, l’incommunicabilité, l’absence
de Dieu), mais sans la lourdeur trop souvent inhérente aux œuvres
des écrivains qui veulent «faire moderne». Ce roman est la vie
même avec ses fourmillements, ses ratés et ses soubresauts
imprévus. Avec un suspense à la clef qui ne trouvera sa résolution
qu’à la toute dernière page du roman. Que demander de plus? Seule
ombre au tableau : la traduction très française de France.
Sachez que les joueurs de hockey lancent un «palet», parfois dans le
«corner», parfois à un «goal», qu’il peuvent mener trois à
«rien» (et non zéro) et même gagner la «Stanley Cup». De quoi
faire se retourner Maurice Richard dans sa tombe! Les rues sont
des «streets» et un dépanneur, une «boîte de dépannage». On
aurait envie de payer un billet d’avion au traducteur, histoire de
lui permettre de se familiariser avec la langue d’ici.
Josée Bonneville
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