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Assez court roman, délicieusement cynique,
de dix-sept chapitres (et un court épilogue) écrit au passé, dont
la chronologie n'est pas tout le temps linéaire (et on se demande
bien pourquoi). La plume se veut clinique, mais a parfois des
pointes lyriques; le vocabulaire est simple, les phrases sont
souvent complexes. Des redites inutiles, cependant. Ah! Ces
journalistes qui sentent le besoin de se faire pédagogues; le mot
«dorologue», par
exemple, est introduit deux fois en moins de
cinq pages. L'intrigue perd de son importance au fur et à mesure
qu'on avance, et le document se mue alors en analyse sociologique.
L'auteur arrive à décortiquer froidement les mécanismes qui
mènent aux pires atrocités de la guerre, sans jamais manquer de
détachement, mais la deuxième partie du livre, plus statique,
finit par peser. J'ai beaucoup aimé le docteur et son haut sens
moral. On note : «On attendait le soir avec impatience : la bière,
le lynchage.», «La ressemblance entre ennemis est le sempiternel
inconvénient des guerres civiles.», «Les devoirs moraux élevés
sont toujours les ennemis des droits fondamentaux!», «Il faut
violer avec bonne conscience; c'est la mauvaise conscience qui rend
le viol si criminel. La bonne conscience est garante de la justice
quoi que l'on fasse.» et «Une victime doit effectuer sur soi le
travail de se réduire à un archétype compréhensible afin de
réintégrer la société.».
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