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Humains aigres-doux - Suzanne Myre - 2004

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Un souper aux sushis entre filles où l’une tombe malade et où l’autre confie qu’elle préfère le confort banlieusard à une vie sexuelle épanouie.  De l’autre côté de la rue, une fête où on joue du Richard Desjardins à tue-tête.  Devant la maison, une BMW est égratignée à dessein par un cycliste qui entre dans le party.  Sur le trottoir, une petite boulotte se cache derrière un poteau désespéremment petit, pour espionner son mari et sa maîtresse.  Absent du décor, Pierre, en congrès en Californie d’où il expédie des cartes postales qui inquiètent une Karine dont Charles se languit.  Régnant au-dessus de tout ça, Voualtèr, un barbier qui se cache sous les traits d’un coiffeur branché et qui trône dans un  monde où les apparences sont toujours sauves, mais qui ne sont que «ce bonbon aigre-doux appelé illusion».


le libraire

À notre avis :

Douze nouvelles en circuit fermé, pluriformes (écrites au vous, au je, nouvelle «carte-postallaire», etc.).  Les anglicismes et les mots en anglais sont écrits en italique.  Au chapitre des francismes (vachement cool, chiper, choper, mocheté, cucu) nous dirons : un peu, passionnément, pas du tout! (selon la nouvelle).  Et pour ce qui est du vocabulaire à proprement parler : «Ringard.  Il aime utiliser ces mots qui vous font sentir ignorante.  (67)».  Sinon la trame est souvent convenue, de la banalité que semble dénoncer l’auteur, mais les chutes sont parfois inattendues.  On note :   «Comme ça, tu sors avec un pompier?  Je pense que ce sont tous des éjaculateurs précoces, non?»  (p. 30), «Qu’était un peu de vomi pour un peu de bonheur?»   (p. 43), «S’obstiner avec sa sœur – avec les filles en général – équivaut à tenter de faire avancer un âne sans carotte.»  (p.141-142), «C’est une punition, naître femme.» (p. 113), «Je veux dire, il y a des tas de femmes qui pilent sur leur jouissance et se rabattent sur la supposée tendresse» (p. 31), «Il n’y a rien comme les révélations-chocs concernant les problèmes sexuels des autres pour ramener à la vie une femme subissant un empoisonnement alimentaire, je venais de découvrir ça.» (p.33) et «Ah mon Dieu, tu as trop bu ou tu es vraiment comme ça?» (p. 27)

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