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Novella de 28 chapitres, très souvent
courts et aérés de dialogues. Il s'agit d'une version corrigée et
augmentée d'une nouvelle (« Dedans ») déjà commentée
ici, mais originellement publiée dans la revue Stop #8/9 en 1988.
Ce texte (publié par XYZ en 2001 puis réédité chez Boréal
depuis) a été écrit du 24 février au 26 mars 1985. La langue
riche y est plus épurée que ce à quoi nous a habitués l'auteur,
elle est souvent exempte de lyrisme. Ces formalités faites, shirons
: Christian Mistral est probablement l'écrivain le plus
opinioné
par les gens croisés dans les débits de boissons que je fréquente
(souvent, ils ne l'ont pas lu) et ceux-ci lui reprochent
fréquemment
d'être un vulgaire (j'ai même entendu « mauvais »)
plagiaire de l'écrivain états-unien Charles Bukowski.
Sylvia au
bout du rouleau ivre
est, à mon sens, la meilleure illustration que
leurs prétentions ne sont pas exemptes de fondement, mais qu'ils
sont totalement dans les plants de marijuana. En effet, on y sent la
marque du grand écrivain dégueulasse à chaque page, mais seuls
les ignares ne pourront pas constater que Christian Mistral n'a pas
dépassé le grand maître, mais qu'il l'a intégré suffisamment
pour faire autre chose et laisser libre cours à sa voix propre.
C'est un livre qui n'est pas passionnant, mais suffisamment
intéressant pour qu'on s'y penche. On note : « Pas
qu'elle m'intéresse, mais j'aime bien entendre une histoire
jusqu'au bout. Celle-ci n'a aucune incidence sur mon récit, je
pourrais la sauter aussi raide, mais tant qu'à y être... »
(p. 73), « Ma vie entière n'est rien d'autre qu'un monument
au romantisme et à la prétention. » (p. 44), « Quel
puissant aimant que la ruine! Cette éponge humaine qui me flanquait
connaissait peut-être le vrai courage, celui de tout droper dans un
crash fracassant de ses ambitions. » (p. 98) et « Je
n'ai jamais cherché autre chose qu'un sens à ma sclérose. »
(p. 104)
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