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Valium - Christian Mistral - 2000

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Mistral. Mistral. Mistral. Beaucoup de Mistral, du moins au début. Pas celui qui écrit au tournant du millénaire, en vue d'une parution; plutôt le Mistral qui avait publié Vamp puis Vautour, dont le personnage éponyme est mort il y a moins d'un an au moment du récit. Son travail d'écrivain le tient occupé et lui permet d'intéressantes rencontres avec la gente féminine, que ce soit avec une journaliste du magazine Insomnie du nom de Jo Genêt, une femme aux « yeux de chatte persane, verts comme des lagons antillais » (p. 78) ou d'une jeune, mais très délurée admiratrice, Marie Raspberry, qui viendra l'aguicher en plein salon du livre. C'est que, voyez-vous, l'« amour ressemble à un serial killer au visage de petit Jésus.  » (p. 19) « Cette histoire-là va mal finir, n'est-ce pas votre avis? » (p. 235)


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Le supplément tribal

À notre avis :

Livre de cinquante chapitres bien circonscrits, d'inégales longueurs et parfois superflus (voir plus bas). Roman postmoderne où l'auteur mélange épitres, poèmes et divers points de vue à la première personne le témoignage direct ou via le filtre des années —, le tout livré dans cette langue propre à Christian Mistral, cet étrange mélange d'érudition paroxistique et de francissismes, exempt de québécismes ou d'anglicismes (ou alors rares et écrits à la manière de Jacques Ferron). Cycle « Vortex violet » oblige, le roman supporte quelques histoires parallèles – comme celles de Fantasio – qui n'apportent rien à ce récit, tout en n'ayant rien de désagréable, et le lecteur que je suis a même été enchanté par le souffle qui les porte. En deuxième partie, le récit s'attache aux histoires avec les deux filles. Cette partie m'a beaucoup moins enchanté et j'y ai souvent senti ce que j'avais éprouvé en lisant Vamp. Trop de lyrisme tue le lyrisme : le Verbe peut être exquis, il peut néanmoins s'y faire verbeux tant il s'enfle de lui-même. On note : « Comme la plupart des bouts d'histoires qui composent ce livre, celui qui suit me trouve Gros-Jean comme devant, perplexe quant à la formule à choisir, ému devant la rougeur qui me monte au visage et m'enflamme le front et se reflète mauve dans l'écran d'ordinateur. » (XYZ éditeur, 2000, p. 257)

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