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Mirror Lake - Andrée A. Michaud - 2006

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Robert Moreau est venu à Mirror Lake, dans le Maine, probablement attiré par l'opacité d'un lac qui pourrait le protéger contre «cette souffrance surgissant d'un simple affleurement avec toute créature à deux jambes.» Mais, tout opaque soit-il, le miroir cache un double, Bob Winslow, le voisin, qui apparaît dès qu'on s'en approche un peu trop, un double qui n'est pas toujours fidèle à la représentation que l'on se fait de soi, un double aussi ridicule que peut l'être Humpty Dumpty, qui est un oeuf stupide et non pas une pomme de terre. Quand Robert reviendra d'une sieste dans une chambre d'hôtel minable, Bob apprendra à Robert, après plusieurs «Thank God your alive!», qu'il a vu un homme tomber dans le lac et qu'il croyait que c'était lui. La police débarque, mais ce n'est pas ce sosie de Tim Robbins cherchant un meurtrier en fuite (et qui prendra tout de suite Robert en grippe), qui sera d'un grand secours. Décidément, on ne peut jamais être seul avec son chien!

Québec/Amérique


L'ÎLE

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À notre avis :

Grand livre de trois parties d'inégale longueur, subdivisées par des petits – mais denses – chapitres. Les phrases, complexes, tirent dans toutes les directions à la fois, comme un feu d'artifice quand il explose dans le ciel (et c'est aussi beau); certaines phrases, plus courtes, sont en anglais (sans italique). Le texte est bourré de références cinématographiques (des films qui, souvent, manquaient à ma culture). Drôle, le texte est d'un réalisme assumé, mais cet aspect se dérobe peu à peu et ainsi on ne s'étonne pas, vers la fin, de lire un bout de phrase comme: «[...] il fallait que je trouve un moyen d'attirer cet ours et de l'obliger à parler.» (Andrée A. Michaud, Mirror Lake, Québec Amérique, 2006, p. 303) On note : le mot «crinqué» (je l'ai cherché pendant près de 300 livres, ce mot-là), la page 216, «[...] car il va de soi que la vérité a toujours envie de vomir.» (p. 108) et «J'ai toujours cru, d'ailleurs, que les journaux à potins avaient à peu près le même rôle que les curés, maintenir le petit peuple dans sa petitesse en lui montrant que le désir engendre la mort, comme si les pauvres mouraient tous en état de sainteté.» (p.111)

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