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Le ciel de Bay City - Catherine Mavrikakis - 2008

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Amy vit à Bay City, au Michigan, une petite ville où elle pourrait mener une existence drabe si ce n’était du terrible drame familial qu’elle porte en elle à son insu. Très tôt, enfant, elle fait de terribles cauchemars dans lesquels elle se voit tuée par des militaires, sous les yeux horrifiés de sa famille, ou poussée dans une fosse commune où les cadavres s’empilent au-dessus d’elle. À l’adolescence, un psychiatre affirme qu’elle souffre d’un traumatisme transgénérationnel, et ce n’est que deux jours avant ses 18 ans que sa tante Babette lui apprend la terrible vérité : 48 membres de sa famille sont morts dans les camps d’extermination nazis, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une scène très forte, qui est une saisissante métaphore de ce qui est enfoui dans l’inconscient d’Amy et de sa famille, illustre la vivacité de ce passé dont sa mère a toujours refusé de lui parler: un jour, Amy trouve ses grands-parents, pourtant morts à Auschwitz, enfermés dans un cagibi du basement de la maison familiale. Ils sont couchés sur une paillasse éventrée et sale et ne veulent ni parler ni bouger. Deux jours plus tard, un incendie détruit la maison et tue tous ses habitants à l’exception d’Amy qui s’accuse aussitôt d’avoir mis le feu. Réalité ou résultat d’un sentiment de culpabilité excessif? Je vous laisse le découvrir.

résumé préparé par Josée Bonneville


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Maison de la poésie
Culture Montréal

À notre avis :

Le ciel de Bay City a été l’objet de critiques élogieuses et il a reçu trois prix littéraires importants : le Grand Prix de la ville de Montréal, en 2008, ainsi que le Prix des collégiens et le Prix des libraires, en 2009. Ces prix sont mérités. Catherine Mavrikakis traite d’un sujet important : les répercussions de l’Holocauste sur les générations qui suivent celle qui l’ont vécue. Amy est née en 1961, donc 16 ans après la fin de la guerre, et le traumatisme est pourtant toujours aussi vivace. Il l’est malgré le désir de sa mère de le nier et peut-être même à cause de lui. Au-delà de ce drame particulier, Catherine Mavrikakis traite des effets néfastes, sur les enfants, du silence qui entoure les drames, qu’ils soient familiaux ou collectifs. Son écriture, puissante et parfaitement maîtrisée, sert magnifiquement son bouleversant roman.

J.B.

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