Les         classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des         incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Précédent

Fleurs de crachat - Catherine Mavrikakis - 2005

Suivant

Le crachat, c'est «mon engin secret, mon truc catapultant, mon arsenal d'enfer, mon arme traditionnelle. Je leur crache dessus, mais ils n'en savent rien.» «Je sais seulement cracher. Je suis comme un dragon. Je vomis des mots de feu.» Flore Forget est née à Chicago d'une mère française qui a fui les relents de la guerre pour se reproduire en Amérique avec trois Québécois différents. «Maman est morte et moi, je suis vivante. Mon frère est dingo et moi, je suis chirurgienne à l'urgence. Je fais une dépression, très certainement, mais je ne suis pas aussi folle que lui.» Pour la dépression, il y a les médicaments, mais, toujours, le long soliloque avec soi-même demeure : elle «aime la péroraison, l'exorde, les grands discours, la belle prosopopée et toutes les épopées». «J'étais simplement trop humaine. Je voulais tout faire, tout comprendre, hurler, souffrir, penser et le reste, et le reste. Cela me bouffait le cerveau.»


blog

wikipédia

Maison de la poésie
Culture Montréal

À notre avis :

Dix chapitres égaux, de très longs paragraphes (le deuxième chapitre – chez le psy - emprunte aux techniques du nouveau roman et ne fait pratiquement qu'une phrase). Les phrases sont parfois très courtes et ramassées, parfois très longues et hachurées de redites, de répétitions, de mots qui se ressemblent et qui servent à appuyer le propos. La plume est très franco-française (on ne reproche pas à la native de Chicago la culture qui lui est propre, mais je l'ai perdue plus d'une fois dans les expressions populaires). Les références sont du même acabit (elle pêche dans les classiques). C'est le genre de grande plume tellement maîtrisée que devant elle j'aurais envie de crier au génie si je savais nier que je me suis objectivement fait chier (dans la détresse je n'aime ni les sparages, ni la grandiloquence, – car ils riment avec la complaisance – mais bon, c'est uniquement une question de tempérament). Il n'y a pas vraiment de fin, l'auteur nous laisse en disant : «Malin celui qui saurait trouver la conclusion. La fin, c'est pour les films, pour les autres, pour les défunts et les décédés, et même...» On note : «Elle aimait son mari. Cela arrive parfois et même dans les bonnes familles» ; «Grandir, c'est se mettre à mort d'une façon tragique» ; «Je ne regrette qu'une chose : ne pas avoir tué. Oui, ça, je le regrette. Même avec le temps. Tuer n'est pas mauvais. Ce n'est pas comme on dit. Cela calme, cela nettoie. Verser le sang purifie un peu la vie» et «L'amour et les humains, c'est du décomposé.»

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire

À leur avis :

Tous droits réservés © 2003 - 2010 IndexQuébec Inc.