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Yann
Martel préfère souligner les apports des grandes religions,
mettre en lumière leur contribution à la vie culturelle et
mythologique plutôt que de prendre position sur ces choses qui,
un peu comme disait Cioran, ont l'avantage qu'on peut en dire
n'importe quoi. Mais voilà, Martel dénie le discours des
agnostiques qui, eux, acceptent le doute. À ceux-ci non plus,
cependant, il ne fait pas la morale, car son roman est consensuel,
c'est-à-dire multiconfessionnel, apatride, multiculturel. Sous la
plume de l'auteur, dans la bouche de cet Indien ignorant de la
politique intérieure du Canada, les Québécois, qui ont l'heur
de figurer aux côtés des Japonais ou des Anglais, redeviennent
Canadiens français... On retiendra l'extrait du San Diego Union
Tribune: «Peut-être que Life of Pi ne vous fera pas croire en
Dieu, mais il vous fera croire en la littérature.»
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