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Sous
l'hommerie, un pénis
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Cinq
nouvelles souvent historiques mettent en scène des personnages
au destin apparemment inéluctable, évoluant dans un monde
inexorablement menaçant.
Impossible
de trouver un centre géographique à ce court recueil de
nouvelles qui nous transporte sur tous les continents, ou
presque. Tout commence à l'époque contemporaine, à Paris, à
l'arrière de la gare de Saint-Lazare, avec « Fatima »,
la mystérieuse fille d'un vieux couple d'Algériens, qui a un
sourire de madone, un sourire triste. « Elle ne parle à
personne, ne fréquente pas l'école […] À dix-neuf ans, elle
aurait déjà dû être mère. » (p. 9-10) Une aura de
mystère entoure la belle, les voisins tiquent et bientôt
l'accusent de sorcellerie et de tous les maux qui affectent le
voisinage. Une commère la fait « suivre par son fils, qui
travaille comme agent de liaison entre la communauté maghrébine
et la gendarmerie »... (p. 12)
En
vous épargnant la chute, c'est le sexe qui ressort de cette
première nouvelle. Il est omniprésent dans le recueil,
toujours menaçant, et toujours menaçant parce qu'il est le
fait de l'homme, qui ne fait jamais grand cas de l'autre quand
il est question de ses désirs. À la notable exception de la
deuxième nouvelle.
Écrivaine 1, Critique
0
C'est
à la page 34, en lisant « Théodore », que j'ai crié
à l'imposture : « Ce narrateur masculin ne pense pas
comme un homme! », me suis-je exclamé.
Scandale!
Plutôt
que de récriminer en lisant le punch, l'être narcissique que
je suis a plutôt applaudi la finesse de l'écrivaine, tout en
se félicitant de sa grande perspicacité... N'empêche, ce qui
m'a titillé tout au long du recueil, c'est l'absence totale de
religiosité. La nouvelle à laquelle je fais référence se
veut tout de même une sorte de Brokeback Mountain
mettant en scène un Breton du début du 18e siècle. S'il
craint la bougrerie, sa crainte devrait au moins en partie être
inspirée par Dieu, me semble-t-il.
La
dernière nouvelle m'a moins charmé. Elle se passe en Louisiane
bien avant et pendant l'ouragan Katrina de 2005. Une vieille
femme se remémore des souvenirs de jeunesse où son père, un
homme avec une âme de poète, «refusait d'accepter que les
vieux créoles du coin n'étaient plus aujourd'hui que des Américains
MacDonald and Coke» (p. 77). La vieille s'égare dans les
bayous de sa mémoire troués par les médicaments et, à mesure
qu'elle évoque ses souvenirs, la réalité la rattrape. Elle a
été abandonnée par le personnel de l'hospice qui s'est enfui
devant Katrina. Elle se croit seule, mais est rejointe par un
Noir à la mine patibulaire qui la déleste de son argent et lui
arrache ses boucles d'oreilles. Ce qui la préoccupe le plus,
c'est la crainte d'être violée.
Je
n'ai pas saisi ce qui liait les deux situations et le récit
s'est perdu, à mes yeux, en d'inutiles circonvolutions. En définitive,
j'ai compris du recueil que si l'homme et son pénis font
craindre bien des choses à la femme, elle reste bien consciente
que ces craintes ne sont que de pures affabulations et l'homme
pardonne alors à la femme de n'être qu'une créature aux
cheveux longs et aux idées courtes.
Non?
Sébastien
Lavoie
 
Eileen
Lohka, C'était écrit, Ottawa, Les éditions L'Interligne,
2009, 112 p., 14,95 $.
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