Les contes (qui ont un relent de lutte
des classes)présentés ici se passent tous en
Abitibi. Ils mettent en scène des ouvriers, des
prêtres et des marginaux de toutes sortes, qui croulent
ou crouleront sous le poids de l'hypocrisie, de la
lâcheté et de l'envie des autres ou d'eux-mêmes.
André Lemelin, c'est cet oncle qui, quand on était
jeune, nous a refilé notre première lampée de fort en
nous assurant qu'on allait en avoir besoin, tôt ou
tard.
Livre-CD
avec photos. Musique : accordéon, cuillères, pieds et bombarde.
Y'a une bonne couche de joual, d'archaismes et d'anglicismes, mais
ces derniers n'ont pas tous le même traitement (certains sont en
italiques, d'autres entre guillemets et les autres sont écrits
normalement) et débordent
des dialogues. L'auteur joue sans cesse avec la prévisibilité du
conte. Belle plume brute. Le CD est weird : la
première moitié des contes sont trop collés au livre, on
a l'impression d'assister à une lecture; dans la deuxième
moitié, le verbe semble retrouver son indépendance. Livre
«revisité» par l'auteur en 2004.