«C'est
simple, c'est un type, un Nègre, qui vit avec un copain
qui passe son temps couché sur un Divan à ne rien
faire sinon à méditer, à lire le Coran, à écouter
du jazz et à baiser quand ça vient.» Et ça vient.
Pour passer le temps, ils discutent doctement de négritude,
l'un toujours prêt à faire une profession de foi à
Freud ou au jazz (quand il n'affirme pas carrément que
Freud a inventé le jazz), l'autre citant à tout propos
le Coran. Le truc du narrateur pour moissonner
des jupons? Suggérer à la Blanche qu'il est coutume
dans son pays de manger de la chair humaine.
Le
personnage parle abondamment littérature et se réclame de trop
d'auteurs pour qu'il soit possible de les mentionner tous.
Retenons Hemingway, Borges, Ducharme, Himes, Baldwin, Asturias,
Kerouac, Yourcenar, Bukowsky... Laferrière revendique, plus que
d'autres, notre américanité, et son écriture est très influencée
par les auteurs étatsuniens. On prendra à témoin CETTE HABITUDE
D'ÉCRIRE des passages, voire des phrases complètes, AVEC DES
MAJUSCULES.