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La terre paternelle - Patrice Lacombe - 1846

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La terre paternelle est sise au nord de l'île de Montréal, face à la Rivière des Prairies, dans un lieu appelée Gros Sault (paroisse Sault-au-Récollet). Des générations de Chauvin y ont trimé dur, sur cette terre qui sait rendre aux vaillants. Au temps qui nous occupe, le patriarche des Chauvin s'appelle Jean-Baptiste et son union avec la fille d'un cultivateur a donné trois enfants, dont deux garçons. Le cadet des enfants, Charles, encore adolescent, décide de s'engager, avec la compagnie du Nord-Ouest, pour les «pays hauts». Voulant attacher l'aîné à la terre, Jean-Baptiste a l'idée de lui faire donation de celle-ci (moyennant une rente viagère). Mais le fils ne se montre pas à la hauteur de la tâche et le père est obligé de sortir de sa retraite. Ce retour à son statut premier ne l'enchante guère et, par vanité, il tourne le dos à l'agriculture et se lance dans le commerce. Or, même si on est une bonne famille catholique, on ne renie pas la terre impunément. Et Charles ne revient pas, ce qui laisse présager le pire...


l'île

À notre avis :

Premier roman du terroir. Plaquette de dix chapitres et une conclusion (ça prend moins de trois heures à lire). Adresse au lecteur et apartés bizarres, mais peu fréquents. Les personnages n'ont pas vraiment de psychologie. Les paragraphes sont assez longs, mais on y décrit plutôt l'action que les paysages ou les personnages. En fait, j'ai eu l'impression par moments de lire le résumé d'un roman plutôt que de lire un roman en tant que tel. Malgré la distance dans le temps entre l'écriture par l'auteur et la lecture par le lecteur que je suis, je ne crois pas avoir buté sur un seul mot. Ce n'est ni bon ni mauvais. C'est sans saveur, sans odeur, sans couleur et ça ne réussit même pas à être exaspérant. On note : rien.

À votre avis :

Bien qu'au premier abord La terre paternelle semble être un roman un peu simpliste, ce livre m'a quand même plu. Premier roman de la terre que j'ai lu, s'il l'est vraiment car quelques éléments portent à croire que c'en n'est pas exactement le prototype, j'y ai découvert avec étonnement (et non sans amusement) la franche opposition caractéristique des romans de la terre entre la campagne, lieu idéal, par rapport à la ville, lieu de tous les malheurs et de la déchéance. De plus, fait intéressant: notez l'élipse temporelle de 10 ans qui, historiquement, correspond à la période de révolte des Patriotes.

Isabelle Garneau

Ce livre m’a plu aussi, et si on est attentif aux ironies, la moralité de l’histoire est beaucoup moins évidente.  C’est une sorte de fable ou de conte plutôt qu’un roman.  Le texte paraît très simple, mais seulement si on le lit rapidement.  Lacombe suggère dans ce livre que les braves gens du terroir restent ignorants de la modernité à leur péril.  Même si le but est de conserver la tradition, il faut quand-même engager le monde moderne – apprendre à lire, apprendre à négocier la ville et ses institutions.  La faute de la famille Chauvin, c’est moins l’abandon de la terre que leur “coupable” ignorance ou indifférence.  Le roman n’est pas donc une simple célébration de la vie traditionnelle des habitants de la campagne québécoise – c’est aussi une critique de ces mêmes gens.  Si on le lit d’une perspective ironique.  C’est au moins une lecture possible.

Lisa Gasbarrone

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