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La terre paternelle
est sise au nord de l'île de Montréal, face à la Rivière des
Prairies, dans un lieu appelée Gros Sault (paroisse
Sault-au-Récollet). Des générations de Chauvin y ont trimé
dur, sur cette terre qui sait rendre aux vaillants. Au temps qui
nous occupe, le patriarche des Chauvin s'appelle Jean-Baptiste et
son union avec la fille d'un cultivateur a donné trois enfants,
dont deux garçons. Le cadet des enfants, Charles, encore
adolescent, décide de s'engager, avec la compagnie du Nord-Ouest,
pour les «pays hauts». Voulant attacher l'aîné à la terre,
Jean-Baptiste a l'idée de lui faire donation de celle-ci
(moyennant une rente viagère). Mais le fils ne se montre pas à
la hauteur de la tâche et le père est obligé de sortir de sa
retraite. Ce retour à son statut premier ne l'enchante guère et,
par vanité, il tourne le dos à l'agriculture et se lance dans le
commerce. Or, même si on est une bonne famille catholique, on ne
renie pas la terre impunément. Et Charles ne revient pas, ce qui
laisse présager le pire...
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