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N''avoir aucun
respect. Raconter tout. Romancer à peine pour réussir à tuer
symboliquement la mère. Une mère à qui l'aïeule «a injecté
un fleuve de peur dans les veines.» Une mère psychotique, un
bébé qui ne grandira jamais, un boulet qui aliénera la fille
d'autant que la grand-mère, sa protectrice, est passée de vie à
trépas. Je «vous ai gardé à distance, quitte à être
assaillie par des pensées coupables, quitte à me bercer dans ma
pièce remplie de larmes», écrira rétrospectivement l'auteure
à sa mère, honteuse de la honte qu'elle a pour les siens. C'est
que la mère de l'auteure est pétrie d'amour pour sa fille.
Gentille «jusqu'au bord du suicide. Au bord de mon suicide.»
dira-t-elle encore. Mais la coupure est nécessaire, à preuve ce
roman intercalé d'épîtres à sa mère : Léa a une mère
psychotique. La mère de celle-ci meurt et Léa a le choix
d'interner sa mère ou de vivre sa vie de peintre. Elle croit
pouvoir faire les deux, mais «elle n'est pas une vache folle qui
peut produire à qui meuh meuh». Son corps se révolte, et
pendant qu'elle se vide de ses possibilités, sa mère, son
enfant, fait des peintures de plus en plus belles. Et Léa fonce
dans un cul-de-sac...
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