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Gabrielle - Marie Laberge - 2000

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Du début des années 1930 au milieu de la Seconde Guerre mondiale, Gabrielle trace le portrait d'une femme qui ose revendiquer son bonheur, quitte à braver les interdits familiaux ou cléricaux. Le roman débute alors qu'elle est déjà mère de famille, qu'elle est en famille et qu'elle file le parfait bonheur avec son mari Edwards. D'événements heureux en soubresauts malheureux défile sous nos yeux la vie d'un clan, celui de bourgeois animés des plus pures intentions envers les plus démunis de la société; leur charité leur est remise au centuple. La fin est digne des romans-feuilletons.

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L'ÎLE

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À notre avis :

Le livre est gros, l'écriture simple. On peut résumer Gabrielle en disant que seuls ceux qui veulent vraiment goûter au bonheur le font (ce qui est fort simpliste) et que les riches sont naturellement portés à donner (ce qu'Adam Smith ne dédirait pas). N'ayant aucun goût pour la mode, nous regrettons les apartés sur les robes de Gabrielle.  En lisant ce passage de Comment devenir une monstre, de Jean Barbe (Montréal, Leméac, 2004 p. 123), on ne peut s'empêcher de penser à Gabrielle : «Ceux-là perpétuent l'idée fausse, mais royale, que nous pourrions tous être riches et célèbres si seulement nous le voulions vraiment, de toutes nos forces, de toute notre foi.  L'envers de ce discours, c'est que les pauvres et les miséreux sont responsables de leur pauvreté et de leur misère, car ils sont paresseux.»

À votre avis :

Merci Marie Laberge

Je sais bien que nombreux doivent être les commentaires élogieux mais je pense bien qu’il faut prendre le temps de vous dire, de vous partager l’effet que votre écriture procure. J’écris moi-même par besoin, par plaisir d’associer les mots, de courts textes bien sûr. Très peu me lisent, mais je suis toujours surprise qu’on me dise que c’est bon. Ça demande du courage de se laisser lire. Alors j’imagine que c’est aussi le cas pour vous car je vous devine simple, modeste seulement de par votre façon de raconter, de dépeindre vos personnages…alors je vous écris simplement sans savoir si vous me lirez.

Quelles histoires extraordinaires, je suis dans la trentaine et je vous ai découvert depuis peu. Je ne suis pas une grande lectrice, je ne lis pas régulièrement. Il faut dire que ma vie a été bien remplie depuis la fin de mes études. J’ai littéralement dévoré la trilogie Gabrielle, Adélaide et Florent. Je viens de terminer Annabelle après avoir parcouru Le Poids des Ombres et les deux en moins d’une semaine. Malgré mon travail, malgré mes quatre petits turbulents, enfin du temps pour moi, un temps plongé dans votre univers. Ce que je regrette le plus est de ne pas m’attarder davantage pour savourer les phrases pour ce qu’elles ont de magnifique, tellement l’histoire me passionne…Mais parfois une fois lue, je reprends certains passages…

Ce qui est le plus remarquable c’est l’effet réconciliateur que chacun de ces romans a produit sur moi; avec la vie et ce qu’elle apporte d’imprévisible, avec l’humain imparfait que je suis, que d’autres autour de moi sont. Ces personnages imparfaits qui finissent par composer avec ce qu’ils sont, avec ce qui leur arrive, qui sombrent pour ensuite se relever. Cette façon si réelle qu’ils ont de se battre contre des évidences, du besoin qu’ils ont de trébucher pour comprendre… Pas de parfaits, ni de complets ratés ni de recettes miracles, à chacun sa façon. C’est ce qu’il y a de plus vrai, de plus sage.

Bravo Marie Laberge, bravo pour cette façon sensible d’écrire avec ce soucis d’ouverture à la réalité d’autrui qu’on devine ne serait-ce que dans vos remerciements… En ce début de la trentaine qui amène son lot de questionnements et de désillusions, je vous remercie de me donner ce goût d’écrire, de dire et de faire la paix avec moi-même.

Au plaisir de vous lire encore,

Caroline Chassé, Saint-Elzéar de Témiscouata

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