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Alice court avec René - Bruno Hébert - 2000

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« Le 3 septembre 1969. » C'est la rentrée, c'est-à-dire le moment de l'inévitable collision frontale entre Léon Doré et Thibault, Lefebvre et Raton, le trio infernal, pour qui il est un souffre-douleur (ce qui est « une vérité de la police. » (p. 127)) C'est à l'école qu'il retrouve Clarence et son idiot de cousin qui la tient tout le temps par la main. Clarence qui lui en veut, Clarence qui ne veut plus lui parler, Clarence qu'il aime... Mais avant de la reconquérir, il devra s'allier avec l'aspirant-motard du coin, Flash, pour régler le cas de Lefebvre, tout en faisant copain-copain avec Alphonse, lors de ses nombreuses absences des cours de madame Chavagnac où Alice et René sont autre part que dans les choux, hiboux ou joujoux. Est-ce que ce sera la voie qu'il empruntera? « J'envisage le suicide, c'est encore le plus simple. On y revient toujours. » (p. 136)

Premiers paragraphes

À notre avis :

Court roman de vingt et un chapitres aéré par une prose enfantine érudite. Ce roman a aussi été recyclé dans le grand film C'est pas moi, je l'jure! et est aussi magique que le roman qui le précède, du même titre que le film. Je me rends compte que j'ai envie de parler de ce livre avec les mêmes mots que j'entends dans les publicités de vaporisateurs cheaps destinés à envelopper une résidence dans des fragrances chimiques nauséabondes socialement acceptables... Soupir! Il semble que j'ai besoin de lire plus de phrases comme : « Je trouve que ceux qui choisissent la douce folie pour lutter contre la douleur font preuve d'une élégance et d'un savoir-vivre parfaitement asmirables. » (Boréal compact, p. 93). « Dans le grain foncé de sa peau je vois de longues heures d'été, il y a aussi de petites rides minuscules où l'on peut compter des semaines au bord de la mer repliée en souvenir au coin de l'oeil. » (p. 107) « Mais qu'est-ce qu'ils croient tous? Que je vais m'étaler dans le repentir comme une nappe d'huile sur l'Adriatique? » (p. 144) « De toute façon, comme dit Phonse, "la misère, quand elle n'est pas sous les tropiques, 40o à l'ombre, on la voit pas". L'hiver, ça tue la malaria et ça garde le pauvre à l'intérieur juché sur son escabeau. Ça tricote des caleçons et ça lit des romans-photos. Ça ne dit jamais un mot, pour économiser sa salive, et surtout ça pense, tout joyeux, que c'est pire ailleurs. En général, on se garde bien de lui dire le contraire. » (p. 151)

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