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Recueil de dix nouvelles
d'inégales longueurs. Outre une certaine unité de lieu (où le
centre de la planète
Sauvages serait Kaganoma), des protagonistes
reviennent de nouvelle en nouvelle (Bernard Massé, Samuel Nihilo,
Lilian Gotlieb...). L'auteur utilise une panoplie de techniques
narratives (récit dans le récit, bien des sortes de narrateurs,
télescopages, etc.) qui rendent justice à son propos et
réussissent à hypnotiser. Il n'est pas rare qu'une succession de
paragraphes soient composés de très courtes phrases, et/ou que les
dialogues soient à même le récit. Les histoires sont puissantes,
sombres et déchirantes... Ne me demandez pas d'y relever quoi que
ce soit de négatif, j'adore Hamelin et ce livre est un grand cru.
On note : «Je me sens comme un stalinien en disgrâce qui cherche
sa photo dans une histoire officielle de l'Union soviétique.»
(Louis Hamelin,
Sauvages, Boréal, 2006, p. 44), cette expression
oubliée : «Quand tu voyais une auto neuve, tu pouvais gager ta
maison pis ta femme que c'était une Lada.» (p. 105-106) et,
échantillon plus représentatif, «Le lamento d'amour d'une chatte
en chaleur monte d'une arrière-cour enténébrée et les
vagissements de deux matous prêts à en découdre s'étirent
pareils à des pleurs d'enfants inconsolables.» (p. 221)
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