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Dawson kid - Simon Girard - 2007

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La ligne verte du métro. Rose y dérive, peut-être jusqu'à la station Lionel-Groulx, peut-être pour se jeter sur les rails ou sur le quai, à partir d'une passerelle... qui sait? Mais c'est un autre corps qui tombe, c'est pour un autre que le train freine sec. Rose ne bronche pas, elle tente plutôt de se rappeler si, plus jeune, contrairement à maintenant, elle sentait « les choses, les contrastes». La veille, elle a giflé son père qui avait fait irruption dans le bar où elle dansait pour lui annoncer que sa mère était morte. Mais c'est fini, la danse. Quelque chose bourdonne en elle, quelque chose qui fait mal et qui la pousse à mettre sa panoplie à la poubelle et à pousser la porte d'un club de boxe où elle apprendra, peut-être, à canaliser toute sa colère et à laisser libre cours à sa peine.

À notre avis :

Court roman de plusieurs chapitres, certains très courts. La plume est bien ciselée, le propos épuré, mais le ton m'a paru trop distant pour que je vibre à l'unisson avec la narratrice, pour que j'aie l'impression de toucher à une âme (une fille née du mauvais côté de la chance, mais qui a passé sa vie à lire les auteurs «dans le dictionnaire», ce qui explique la forme). Écrire de manière vernaculaire n'est sans doute pas la seule manière d'arriver à toucher un lecteur étranger à un univers comme celui-ci; il reste que l'auteur ne m'a pas convaincu d'être devant autre chose qu'une construction cérébrale. Je ne suis pas convaincu non plus que l'évocation prude des événements de Dawson sert vraiment le propos. Mais je vais revenir à l'auteur, parce qu'effectivement, il y a quelque chose dans cette plume. On note : «J'ai vu comment les jeunes traitent les chats, et je sais comment les parents traitent leurs enfants, ça devrait me suffire.» (Boréal, 2007, p. 16), «Mais tout ce monde à tuer... et c'est toujours plus efficace de s'effacer soi-même, son point de vue sur ce monde» (p. 27), «Tant qu'il y a de la chair à piétiner, on est surpris que la vie tienne le coup. On marche dessus. On continue.» (p. 45), «Tant qu'à être une victime, je préfère être une femme, c'est plus normal» (p. 106), «Soudain ils voulaient tous avoir le dernier mot; ce n'était pas "correct", l'histoire se terminait mal et il ne fallait donc pas dire le contraire» (p. 21), «Ça se passe aux États-Unis; toujours plus tragique avec cette histoire de Dieu à la con, toujours un plaisir vicieux à voir ces personnes qui se rendent compte, un beau jour, de force, dans quel monde ils vivent pour de vrai, prière ou pas.» (p. 146) et «La mort tombe comme la rosée; je regarde dehors en mastiquant.» (p.155)

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