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Court roman de plusieurs chapitres, certains
très courts. La plume est bien ciselée, le propos épuré, mais le
ton m'a paru trop distant pour que je vibre à l'unisson avec la
narratrice, pour que j'aie l'impression de toucher à une âme (une
fille née du mauvais côté de la chance, mais qui a passé sa vie
à lire les auteurs «dans le dictionnaire», ce qui explique la
forme). Écrire de manière vernaculaire n'est sans doute pas la
seule manière d'arriver à toucher un lecteur étranger à un
univers comme celui-ci; il reste que l'auteur ne m'a pas convaincu
d'être devant autre chose qu'une construction cérébrale. Je ne
suis pas convaincu non plus que l'évocation prude des événements
de Dawson sert vraiment le propos. Mais je vais revenir à l'auteur,
parce qu'effectivement, il y a quelque chose dans cette plume. On
note : «J'ai vu comment les jeunes traitent les chats, et je
sais comment les parents traitent leurs enfants, ça devrait me
suffire.» (Boréal, 2007, p. 16), «Mais tout ce monde à tuer...
et c'est toujours plus efficace de s'effacer soi-même, son point de
vue sur ce monde» (p. 27), «Tant qu'il y a de la chair à
piétiner, on est surpris que la vie tienne le coup. On marche
dessus. On continue.» (p. 45), «Tant qu'à être une victime, je
préfère être une femme, c'est plus normal» (p. 106), «Soudain
ils voulaient tous avoir le dernier mot; ce n'était pas
"correct", l'histoire se terminait mal et il ne fallait
donc pas dire le contraire» (p. 21), «Ça se passe aux
États-Unis; toujours plus tragique avec cette histoire de Dieu à
la con, toujours un plaisir vicieux à voir ces personnes qui se
rendent compte, un beau jour, de force, dans quel monde ils vivent
pour de vrai, prière ou pas.» (p. 146) et «La mort tombe comme la
rosée; je regarde dehors en mastiquant.» (p.155)
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