Les classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Précédent

 

Suivant

Article paru dans le numéro 142, été 2011, de la revue Lettres québécoises (page 35).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devoir de surenchère

Renald Bérubé a dit en ces pages beaucoup de bien du précédent opus du sieur Germain et il a eu raison. La suite me semble autrement supérieure. Et donc...

 

J'ai toujours su que j'apostropherais quelqu'un avec ce délicieux mot de Q dans le faux vrai James Bond Never say never again, mais je ne me serais jamais douté que cela se passerait en ces pages, et à l'égard du débonnaire multihomme : « Ravi de vous revoir, M. [Germain]. Les choses ont été terriblement ennuyeuses, par ici. Les bureaucrates dirigent l'endroit, tout est fait dans les règles. […] Maintenant, vous êtes là. J'espère qu'on va avoir un peu de sexe et de violence gratuite. »

Je n'ai pas (encore!) lu le tout premier tome de la série, Rue Fabre, centre de l'univers, et ainsi il est probablement hasardeux de faire des généralités, mais je peux dire que si l’opus précédent recensé par monsieur Bérubé avait un caractère sinon carrément politique, du moins vaguement sociale, ces « Nouvelles historiettes de la bohème » sont résolument tournées vers la vie culturelle de la période incriminée, à savoir la fin du règne du Cheuf.

 

Confusion, aucune

Ou peut-être, après tout, que ce nouvel opus n'était pas planifiée, puisque c'est dans le livre précédent qu'il est fait mention du Refus global... minute! Oui, c'est vrai! S’il a été mentionné, c'était pour parler d'un non-événement...

Je vous sens confus. C'est que vous me lisez à la chronique « Nouvelles ». Renald Bérubé, lui, est intervenu dans sa chronique « Essai », et l'éditeur du sieur Germain le publie à l'enseigne « Conte »... Il y a confusion et il n'y a pas confusion. Après tout, qui peut raconter sa propre histoire sans se faire accuser d'affabulation et qui peut dénier à l'écrivain Germain son indéniable talent de conteur? Sont donc conviés dans ce recueil, un à un, les librairies de l'époque, la peinture, le cinéma, le jazz, la poésie, la photographie, Lili St-Cyr, le théâtre, la danse, Guilda, mais aussi les rapports entre les protagonistes de l'époque et les lieux où ils s'assemblaient.

Peut-être ai-je été encore plus emballé par cet opus que par le précédent parce que l'univers particulier de la bohème montréalaise m'était inconnu, alors que je possède quelques notions sur la Grande Noirceur en général. Personne ne m'avait jamais expliqué non plus ce qu'a représenté l'apparition du microsillon; pourtant, quelques mots de monsieur Germain m'ont suffi pour comprendre l'ébahissement ressenti quand tous les Messies de la musique de chambre sont soudainement revenus à la vie :

Tout ce grand voyage dans l'histoire peut sembler banal et dérisoire maintenant que son parcours est accessible en tout temps avec un simple MP3. Sauf que pour ceux qui ont vécu cette résurrection de plusieurs siècles de musique en temps réel, l'expérience a été unique et inoubliable[1].

Bref, un livre amusant, charmant, mais aussi instructif.



[1] p. 156-157.

Sébastien Lavoie

Jean-Claude Germain, La femme nue habillait la nuit – Nouvelles historiettes de la bohème, Montréal, 2010, Hurtubise, 192 p.

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire

Tous droits réservés © 2003 - 2011 IndexQuébec Inc.