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À
cette dernière question, répondons généralement :
oui, et précisément : non. C'est que le livre est conçu
un peu comme un roman-feuilleton (et que la fin du roman
annonce déjà la suite, Les
malheurs de Siphon). Pour une fois, la quatrième de
couverture n'exagère nullement : « Belle-Bite
le hobo est un roman à la verve rabelaisienne avec ses
personnages excessifs, ses situations rocambolesques et son
langage cru. » (XYZ, 2010, 219 pages) Les premières
pages sont absolument remarquables, j'ai adoré la désinvolture
narquoise et le fatalisme du narrateur ainsi que l'ampleur
du verbe et de la phrase à son service. Puis mon intérêt
est retombé quelque peu, ou peut-être le rythme s'est-il
cassé quelque part, je ne sais pas, mais je sais que ça
retombe. Quelques généralités somme toute banales sont à
déplorer (« Tous les sous-fifres sont ainsi,
outrepassant les ordres qu'on leur donne, cherchant à tirer
petit plaisir et petit pouvoir de la prétendue mission
qu'on leur a assignée. » p. 191). Mais ce n’est pas
fréquent. Il reste que c'est à prendre avec un large sourire.
On note : « C'est devenu ça, l'humanité, de
l'infection qui s'en va dans le fleuve à pleins tuyaux. »
(p. 68), Une « affaire dont l'obscurité n'a d'égale
que la mystérieuse opacité » (p. 143), « Qu'est-ce
qu'on ferait pas pour une bite... » (p. 80), « De
la même manière, un homme équipé comme lui peut
seulement avoir une âme à l'avenant de sa queue : droite,
solide, magnifique, appétissante, suçable, branlable... »
(p. 99) et « […] généralement prévisible comme
la pluie en novembre et la sécheresse dans un coeur de
parvenu [...] » (p. 139)
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