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Court roman écrit au présent,
de huit chapitres eux-même subdivisés en petits textes fluides, à
la prose riche caché sous un dehors vernaculaire. On remarque des
clins d'oeils appuyés à On the road et
à Hemingway. C'est presque aussi bon que les autres. On note :
« J'envie leur simplicité, cette vie dépouillée de tout
accessoire, réduite à l'essentiel, limpide. J'aimerais vivre comme
ça, mais je sais bien que pour moi ce n'est plus possible, alors je
me dis que ce berger marocain qui garde ses moutons dans un paysage
vide est lui-même beaucoup trop compliqué si on le compare à ses
bêtes. Il s'habille au lieu d'aller tout nu, il parle au lieu de
bêler, il décide et commande au lieu de suivre, d'obéir et de
brouter. En fait, c'est un mouton que je voudrais être. » (Fides,
2011, p. 66) et « Mais comment leur
expliquer pourquoi j'étais parti, à eux qui étaient heureux,
amoureux, sans soucis, qui ne se posaient pas de questions, pour qui
le monde avait un sens? Comment leur expliquer que j'étais parti
parce qu'il me manquait quelque chose et que je ne savais pas quoi?
Que j'étais parti parce que je pensais qu'il y avait une autre façon
de vivre, d'envisager la vie, et que je ne voulais pas attendre
d'être mort avant de la trouver? Comment leur expliquer surtout que
je ne savais pas moi-même ce que c'était? J'étais aussi ignorant
qu'eux, et c'était cela qui me frustrait le plus, m'irritait et me
contraignait au silence, car je ne pouvais rien dire, je ne savais
rien, et c'était pour cela surtout que j'étais parti, pour chercher
ailleurs la vérité que je ne trouvais pas en moi. » (p. 27-28)
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