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L'argent est odeur de nuit - Jean Filiatrault - 1961

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Georges Éthier, père de neuf enfants, habite à deux pas du canal Lachine où il travaille comme éclusier de nuit. Par un temps de brouillard, il aperçoit au bout de la jetée ce qui semble être une lutte entre deux silhouettes. Plus tard, il ramasse sur les lieux un portefeuille bourré de dollars. Pour cet homme pauvre, qui a tant de peine à faire vivre sa famille, cet argent est une tentation trop forte. Il s’empare de l’objet et se tait, espérant que personne ne viendra le lui réclamer. Mais chez un homme aussi bon et simple, la conscience de la faute, la peur et l’impuissance imposent bientôt des jours et des nuits de cauchemar. Un voyou, Félix, vient réclamer le portefeuille, ne croit pas les démentis de l’éclusier : il menace de s’en prendre à sa fille aînée qui travaille dans un snack-bar jusque très tard chaque soir. Georges s’avoue vaincu et redonne à Félix son bien, oubliant qu’il a déjà prélevé une petite somme pour l’hospitalisation d’un de ses enfants. Félix l’accuse de vol et une bagarre éclate qui se termine tragiquement. La deuxième partie du roman change de point de vue en mettant en scène Berthe Richardson, une bourgeoise plus toute jeune et l’amante de Félix. Ses révélations précipiteront la conclusion de l’affaire criminelle.

Résumé préparé par Claude Gonthier

Cercle du livre de France


L'ÎLE

wikipédia

À notre avis :

L’auteur s’est inspiré de L’homme de Londres, roman de Georges Simenon, dont il améliore l’intrigue et qu’il replace habilement dans le contexte maritime du canal Lachine des années 1960. Le résultat, un croisement entre l’auteur belge et l’univers de Gabrielle Roy, donne, à défaut d’originalité, un des premiers romans policiers québécois. Certes, il faut aimer le rythme lent et la grisaille bien connus des lecteurs de Simenon. Et, malheureusement, Filiatrault cède parfois à un sentimentalisme trop appuyé. Mais l’œuvre conserve un réel intérêt, ne serait-ce que par sa fine critique de la morale et des valeurs chrétiennes, jugées responsables des conditions de vie misérables de tout un peuple.

C.G.

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