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À
l'aube de la trentaine, André Ferron et Nicole vivent
chez eux, «presque» en autarcie, occupés à lire La
Flore laurentienne du frère Marie-Victorin.
«Presque» parce qu'ils doivent quand même veiller à leurs
besoins peu nombreux et, pour ce faire, accepter des
jobs de correcteurs d'épreuves. Presque, aussi, parce qu'ils
doivent bien accepter l'aide de Laïnon de temps en
temps, Laïnou étant une artiste-peintre dans la
quarantaine, malbaisée et s'exprimant à la fois en
joual et en parigot. Et presque parce que, malgré leur
cynisme, ils vouent un culte passionné à la Toune, une
autre artiste mais celle-là vedette, qui les trouve
singuliers et, comme nous, attachants.
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