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(Trop) court roman
. Pas de chapitres à proprement parler, seulement un espace
blanc entre les différents tableaux, esquissés habilement,
en très peu de traits. Peu de dialogues. Sur le fond,
l'auteur ratisse beaucoup trop large, ne fait qu'effleurer
les situations. On suppute les entourloupettes, on attend
les rebondissements. Mais, sans le savoir, on attend Godot
parce que tout est trop prévisible (sinon le regard de
l'auteur qui, moi, m'a surpris, mais qui ne surprendra plus
ceux qui liront ces lignes - désolé). On lit beaucoup de
tournures de phrases qui ne sont pas d'ici, mais j'ai
particulièrement bucké sur cet horrible «Black». C'est
le mot qu'ils utilisent en Europe, trouvant le mot «noir»
salissant et péjoratif. Les Noirs européens francophones
ne semblent pas avoir de problème à être ainsi expulsés
de la langue française (tant que ça part d'un bon
sentiment, j'imagine), mais moi j'ai un problème avec ce
mot et je souhaite ne jamais le retrouver dans un autre
livre québécois. Ça pue la rectitude politique, la
servitude à l'égard de la culture française et la
condescendance à l'égard de l'Étranger. Il est
symptomatique que l'auteur utilise soit les déclinaisons du
mot «nègre», soit le mot Black, mais jamais le mot
«Noir». Pourtant vous avez le droit, monsieur Désautels.
Vous verrez, à l'usage, que ce n'est pas si salissant à
employer.
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