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Je ne veux pas mourir seul - Gil Courtemanche - 2010

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Gil Courtemanche reçoit le courriel de rupture de Violaine comme un autre recevrait une balle dans la tête. Le diagnostic de cancer qui lui tombe dessus à peu près au même moment ne change rien à son état d'esprit : « Il faut semble-t-il poursuivre, allonger sa vie même malheureux, même sans envie de vivre. Je comprends. Nous ne sommes pas propriétaires de notre vie. [...] Quand on ne meurt pas, on vit pour ne pas faire de chagrin à ceux qui vivent. Ou encore parce qu'on est habitué à vivre, comme à respirer, marcher, toutes activités absolument vides de sens.» (p.140) «Mais quand on est mort et qu'il faut combattre la maladie, le chemin n'est pas aisé. Pourquoi se battre avec la maladie quand on ne vit plus? Parce que vivre est une sorte de devoir, de dignité, d'obligation. La naissance nous condamne à vivre et puis, après, tout le reste, les gens qui nous aiment en particulier. Ils ignorent comment ils nous condamnent au malheur pour que le leur soit moins grand. Ma mort tuera maman. Je ne veux pas tuer maman bien qu'elle soit assez vieille pour mourir. Je ne veux pas être son infarctus.» (p. 28)

Bio-Bibliographie


L'ÎLE

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À notre avis :

Petit livre fait de microchapitres s'adressant souvent directement à Violaine, écrit au «je», au présent, mais avec de fréquents retours en arrière. La plume est tout ce qu'il y a de retenue; ça enlève un (très petit) peu de lourdeur au récit, mais anesthésie la phrase qui n'éclot jamais dans toute sa splendeur. Livre d'un vieux, peut-être, mais certainement pas livre pour vieux. Plutôt pour quiconque a perdu ou peut craindre de perdre l'être cher. Message à ceux qui croient que lire est d'abord et avant tout une attitude : Si vous êtes hardcore comme moi, vous lirez ce livre un mois de novembre. On note : « Non, je ne crains pas la mort qui peut venir au bout des traitements qui commencent demain, je meurs de la mort qu'un courriel a glissée en moi. » (Boréal, Montréal, 2010, p. 87) «Je vis parce qu'il faut vivre. Nous sommes nés pour vivre jusqu'à la mort.» (p. 72) «Je reprends les choses froidement et cruellement. Je ne m'aime pas, je me satisfais de moi-même. Avant de faire la connaissance de Violaine, je ne suis plus rien, sinon un succès de librairie, mon coeur s'est vidé de toute affection, je me suffis à moi-même dans une sorte d'état de léthargie et de déni des autres.» (p. 48)

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