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Une belle mort - Gil Courtemanche - 2005

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Quatre générations sont réunies autour de la table familliale en ce réveillon de Noël un peu spécial. C'est que deux morts s'annoncent. Celle du patriarche d'abord, qui a, selon le médecin, «quatre-vingt-six ans, le parkinson rigide, un coeur épuisé, des artères bloquées, une mort prévisible et un caractère de chien» et celle de son épouse ensuite, qui s'épuise tant à veiller sur son mari qu'elle le précédera peut-être dans la tombe. Les membres de la deuxième génération s'affrontent sur la manière de gérer le temps qu'il reste à leur père. Le clan des médicaux ordonne à l'ancien tyran de la famille de suivre à la lettre la diète prescrite par la médecine, alors que le clan bouddhiste se demande, à l'instar du narrateur, s'il faut «interdire le bonheur pour allonger la vie».

Bio-Bibliographie


L'ÎLE

wikipédia

À notre avis :

Très beau roman plutôt court de 17 chapitres écrits au présent. La tension essentielle du livre tient au fait que le narrateur n'aime pas son père (« Je ne l'aime pas, cet homme, je ne l'aime pas du tout.» Boréal, 2005, p. 38), n'a pas de respect pour son père (le mensonge du doré a, dit-il, «détruit à tout jamais mon respect pour lui, mais surtout pour l'autorité.» p. 34), il compare souvent son père à Staline (plus on avance dans le roman, plus l'occurence de ce nom est fréquent). Le ton est à la mesure du regard du narrateur, à la fois sévère et compatissant (limite attendri). Car le narrateur a beau ne pas aimer son père, il est l'Acteur de la famille, acteur qui s'est mis en tête de se mettre dans la peau de ses parents. Comme le dit si bien ma tante Huguette : «Ce livre est un beau moment de littérature». On note : «[...] parce que les enfants ne cessent jamais d'être les enfants de leurs parents. » p. 38, «Maman, qui connaît toutes les vérités, ne veut pas les entendre.» p. 38, «Comment réagit un vieux à qui on propose de vieillir sans vivre?» p.40 «On ne peut rien offrir d'intelligent à un mort vivant qui le satisfasse, sinon des médicaments opiacés ou une belle mort.» p.64 «Il est temps que tu meures, papa. Ton orgueil, ta fierté, ton sentiment de supériorité, ta certitude de pourvoyeur, tout ce qui a fait ta vie, tout cela, la maladie te l'interdit et ta famille t'en prive.» p.132 «Mon père meurt en s'emmerdant et en emmerdant tout le monde. Nous le tenons en vie, il nous empêche de vivre. Nous luttons pour notre malheur commun.» p.149-150

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