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Très beau roman plutôt
court de 17 chapitres écrits au présent. La tension essentielle du
livre tient au fait que le narrateur n'aime pas son père (« Je ne
l'aime pas, cet homme, je ne l'aime pas du tout.» Boréal, 2005, p.
38), n'a pas de respect pour son père (le mensonge du doré a,
dit-il, «détruit à tout jamais mon respect pour lui, mais surtout
pour l'autorité.» p. 34), il compare souvent son père à Staline
(plus on avance dans le roman, plus l'occurence de ce nom est
fréquent). Le ton est à la mesure du regard du narrateur, à la
fois sévère et compatissant (limite attendri). Car le narrateur a
beau ne pas aimer son père, il est l'Acteur de la famille, acteur
qui s'est mis en tête de se mettre dans la peau de ses parents.
Comme le dit si bien ma tante Huguette : «Ce livre est un beau
moment de littérature». On note : «[...] parce que les enfants ne
cessent jamais d'être les enfants de leurs parents. » p. 38,
«Maman, qui connaît toutes les vérités, ne veut pas les
entendre.» p. 38, «Comment réagit un vieux à qui on propose de
vieillir sans vivre?» p.40 «On ne peut rien offrir d'intelligent
à un mort vivant qui le satisfasse, sinon des médicaments opiacés
ou une belle mort.» p.64 «Il est temps que tu meures, papa. Ton
orgueil, ta fierté, ton sentiment de supériorité, ta certitude de
pourvoyeur, tout ce qui a fait ta vie, tout cela, la maladie te
l'interdit et ta famille t'en prive.» p.132 «Mon père meurt en
s'emmerdant et en emmerdant tout le monde. Nous le tenons en vie, il
nous empêche de vivre. Nous luttons pour notre malheur commun.»
p.149-150
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