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Drogue,
sexe et punk, et rap, et techno …
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Amateurs
de musique, ce roman est pour vous.
On connaît peu de choses du personnage principal du roman, qui en est
aussi le narrateur: il a étudié quatre ans à l’université,
il a été DJ au milieu des années quatre-vingt, il a par la
suite travaillé comme concepteur publicitaire dans deux agences
successives, il a pour voisin un propriétaire de magasin
d’antiquités et il aura bientôt
40 ans. Quand il voit une offre d’emploi – qu’il dédaigne-
pour «un truc dans [s]es cordes» (p. 160), on ne sait pas de
quoi il s’agit. Ce qu’on sait, par contre, c’est qu’il
est un passionné de musique. Pas de la musique classique,
qu’il n’écoute jamais, mais du punk, du rap, du techno, du
blues, et j’en passe. On a l’impression que le narrateur vit
dans un univers parallèle, séparé du «vrai» par des murs de
sons. Seuls importent, pour lui, la musique et les disques
vinyle qu’il collectionne et qu’il trouve dans les ventes de
débarras ou de déménagement. Cette recherche de disques
semble être sa seule occupation, et, pour cette raison,
certains passages des premiers chapitres me sont d’ailleurs
apparus répétitifs.
La narration alterne entre la vie présente du narrateur et sa vie passée.
Au fil de ses trouvailles et des disques qu’il écoute, émergent
des souvenirs: sa première blonde, à onze ou douze ans, son
commerce de pot, au secondaire, un voyage à Toronto, un
autre à New York pour assister au concert du groupe Kraftwerk,
sa première soirée new wave, son travail de DJ dans un club,
etc.
De la musique avant toutes choses
Le roman met en scène des jeunes avides de drogue et de partys qui
jettent un regard cynique sur la «société d’abrutis» (p.
222) qui les entoure, des jeunes pour qui la musique est à la
fois une «religion» (p. 81) et «le détergent de l’âme
[…] [qui] déloge la crasse, la bêtise, la connerie» (p.
181). L’intérêt du roman ne réside cependant pas dans la
critique sociale qui affleure ici et là et qui m’apparaît
plutôt convenue dans la mesure où elle se résume à peu près
à répéter les clichés habituels sur le travail de bureau qui
annihile la vie intérieure, par exemple, et sur la futilité de
la course à la consommation. Il est plutôt dans l’évocation
d’un univers musical peu présent dans notre littérature.
L’auteur, qui a été DJ aux Foufounes électriques, connaît
bien son sujet. Un très grand nombre de chanteurs et de groupes
sont mentionnés dans le roman, et leur musique est largement
commentée. Ces commentaires ne sont ni froids ni intellectuels;
ils témoignent d’un amour profond de la musique, d’une
musique qui n’est pas qu’un accompagnement, mais une donnée
essentielle de la vie. «Découvrir une chanson qui m’émeut
est un grand moment, affirme le narrateur. C’est pour ça que
je vis. Je retrouve une partie perdue de moi-même. Une vie antérieure
soudain ranimée.» (p. 201). Les passages où il décrit, avec
des images fortes, l’effet de la musique sur lui sont
saisissants.
Josée
Bonneville
 
Alain Cliche, Accro Vinyle, Éditions
Trois-Pistoles, 2006, 220 p., 23,95$.
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