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L'eau
est ce qui nous habite, nous forme. Parfois, elle pue un
peu. La vie de la grand-mère de la narratrice a
chevauché cinq générations, deux régimes politiques,
deux guerres, dont une civile, ainsi qu'une révolution
qualifiée de culturelle. C'est dire si sa vie a
parfois pué. On apprend la géographie avec ses pieds,
ce que semble savoir la narratrice qui nous raconte
l'histoire de sa grand-mère (et par extension celle de
sa famille et de son pays) par le biais de ses pieds.
C'est que sa grand-mère a subi, à cinq ans, l'«opération»
visant à conserver le pied minuscule (afin qu'il soit
beau comme une fleur de lotus); son père, cependant,
soucieux d'appliquer sa théorie du «milieu», a légèrement
court-circuité l'opération, faisant d'elle un
demi-succès. Suivant les époques, la grand-mère est
tour à tour devenue handicapée, victime du féodalisme
et/ou contre-révolutionnaire avant que le sujet ne
tombe en désuétude.
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