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Charles Guérin - Pierre-Joseph-Olivier Chauveau - 1853

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Signe de sa grande intelligence, Charles Guérin termine ses études collégiales deux ans plus tôt que prévu. À seize ans, il doit donc choisir une carrière et, comme tout jeune homme issu de la bourgeoisie canadienne, dominée depuis la Conquête par les Anglais, il découvre qu’il ne peut aspirer qu’à la prêtrise ou à une profession libérale.  De tempérament sanguin, son frère aîné, Pierre Guérin, s’insurge contre cet avenir balisé : contre la volonté de sa mère, il s’embarque sur un navire et choisit l’exil, la seule voie qui puisse satisfaire son goût d’aventure. Le père Guérin étant décédé depuis quelques années, Charles se retrouve ainsi le seul soutien de famille et le futur héritier du domaine ancestral sis sur la rive sud du Saint-Laurent, au nord de Québec. Or, afin de permettre à ses fils de poursuivre leurs études, Madame Guérin en a déjà loué une partie à un certain Wagnaër, un Anglais ambitieux et sans scrupules, qui a même tenté de se l’approprier en demandant la main de la veuve. Celle-ci, confiante en la réussite de Charles, espère être sauvée par lui de la misère et du déshonneur : son souhait le plus cher étant de voir toutes les terres des Guérin revenir dans le giron familial. Malheureusement, Charles est un rêveur, plus enclin à la poésie qu’aux études. Dans son logis de Québec, il dissipe ses énergies en vaines discussions avec ses congénères. Naïf et influençable, il manque de cran et se laisse convaincre par des amis mal intentionnés de négliger ses études. Pendant un congé de la Mi-Carême, il s’amourache de Marichette, une fille de paysan, à qui il promet le mariage. De retour au domaine, il n’ose avouer à sa mère cette folie et, oubliant son serment amoureux, il se prend d’une vive passion pour la belle Clorinde, la fille de M. Wagnaër. Ce dernier qui voit dans ces nœuds, un moyen de mettre enfin la main sur le domaine des Guérin, encourage la relation, mais bientôt conseillé par un faux ami du jeune Guérin, il ourdit un plan machiavélique : il fait signer à Charles une lettre de créance et le grève d’une lourde dette. Notre jeune héros semble avoir tout perdu jusqu’à ce qu’un revirement inattendu lui donne une dernière chance de se tirer du bourbier où il s’est enfoncé.

Résumé préparé par Claude Gonthier


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La collection

Parlement du Canada

Québec history

Dictionnaire biographique du Canada en ligne

Les patriotes de 1837@1838

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À notre avis :

Chauveau signe une œuvre inégale, certes bien écrite, et avec des descriptions magnifiques du Saint-Laurent et de la nature québécoise, mais aussi avec des dialogues creux et des situations archi convenues. La meilleure partie de Charles Guérin demeure sans nul doute la première. La situation du jeune héros, exposée avec netteté, et surtout les discussions politiques auxquelles Charles se livre avec ses amis dans sa mansarde de Québec conservent un réel intérêt, même pour le lecteur du XXIe siècle. Chauveau, qui a été Premier ministre du Québec, s’avère un analyste aguerri comme le prouve l’acuité de son regard sur la situation politique, économique et culturelle de la nation québécoise. Malheureusement, dès le début des amours de Charles et de Marichette, le roman sombre dans l’ennui. Si l’auteur s’y connaît en politique, il ignore comment traduire avec quelque sensibilité les élans du cœur. Et si le roman prend des accents balzaciens, et un peu de vigueur, au moment du complot ourdit par M. Wagnaër et ses acolytes peu recommandables, la conclusion, par son côté convenu et moralisateur, désespère le lecteur qui a eu le courage de se rendre si loin.

C.G.

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