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Le deux-millième étage - Roch Carrier - 1973

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Tout ça est de la faute de ces maudits capitalistes sans coeur. S'ils n'avaient pas décidé de détruire tout le quartier pour bâtir un gratte-ciel de deux mille étages, on n’en serait pas là. «Écoutez bien c' que j' crie à la face du monde : un homme debout et qui bande encore est plus grand qu'un gratte-ciel.» Et Dorval bande pour une locataire, Mignonne Fleury, femme publique qui s'offre à tous sinon à Dorval. Et Dorval, lui qui a fait la guerre, lutte envers et contre tous et harangue les siens, ses locataires : «Vous êtes des chiens battus. [...] Vous aboyez, non pas pour vous défendre, mais pour demander d'autres coups. Vous espérez le bonheur... plus tard. Le bonheur, c'est tout de suite qu'i nous le faut, tout de suite, dans notre assiette, dans notre lit!» Résistance!


L'ÎLE

wikipédia

À notre avis :

Court texte, courts paragraphes subdivisés en courtes parties; écrit au passé, nombreux dialogues, langage souvent vert, écrit sur le ton du conteur qui aurait par moments des flashbacks d'acide. Comme le disait si bien H.J. Rosengarten dans le Canadian literature de 1975, it «moves easily from farce to satire to near-tragedy ; it's pace never slackems, for Carrier prunes his narrative of unnecessary elaborations of character or setting.» Pour l'anecdote, l'auteur a eu l'idée de ce livre dans un avion, et le nom du personnage principal porte le nom de l'aéroport où l'avion de l'auteur a atterri (Est-ce à dire que, lors d'une éventuelle ré-édition, il devrait s'appeler Pierre-Elliot-Trudeau?) On note : «Barnabé le caressait comme s'il avait été son chien.» (Roch Carrier, Le deux-millième étage, Stanké, 1983, p. 9), «Maudits capitalistes! Je me tue à vous expliquer la vérité. Vous êtes dévorés par le capitalisme. Vous nourrissez votre cancer comme un poisson rouge. Vous vous donnez à manger au capitalisme. (p. 11)», «Y a un bulldozer derrière moi. Et derrière le bulldozer, y a le gouvernement. (p. 63)», «Si un homme dort bien, mange bien et si ses intestins ont envie de se vider au moins une fois par jour, moi, j'proclame que c'est un homme heureux.» (p. 84) et «Baptême, on se fait fourrer par les Anglais, même au bordel!» (p. 96)

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