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Plaquette, dix chapitres
non numérotés, eux-mêmes subdivisés en de très courts passages.
J'ai résumé le premier versant de l'oeuvre, où tous les codes du
roman du terroir sont respectés, mais je n'ai pas touché à
l'autre versant du livre qui lorgne, cette fois, vers le roman
d'anticipation (l'incursion reste timide). Notre avenir
charrierait-il nos aliénations antérieures? L'auteur me dirait
probablement encore que c'est moins compliqué que ça, que c'est
bêtement atavique. «Chez moi, l'amour et la mort sont
indissociables. Je sais que la formule fait cliché, mais j'ai la
prétention que ce soit plus vrai de moi que des autres. L'amour est
temporaire, l'amour doit être détruit. Parce que c'est dans la
nature humaine.», m'avait-il dit (Lettres québécoises
#118, été 2005, p.30) On reconnaît bien l'auteur de La
trilogie sinistre, bien que la forme et la langue défendue dans
ce livre soient tout autres. Ça s'appelle élargir son registre, et
c'est passablement réussi. On note, malgré le manque de
représentativité : «La pauvreté est le plus vieux métier du
monde. La mère célibataire devrait abandonner ses rejetons dans
une ruelle malfamée, le drogué, s'éclater le bras avec un dernier
fix, l'alcoolique, provoquer un carambolage monstre sur
l'autoroute avec sa voiture, le joueur compulsif, descendre au fusil
de chasse quelques croupiers dans un casino avant d'en finir et
d'embellir les machines à sous avec sa cervelle et son sang et ses
yeux comme des billes dégoulinantes. Pousser quelqu'un sur les
rails du métro, sans réfléchir. Juste pour voir ce que sera notre
vie ensuite. Sinon, à quoi bon sortir de chez soi?»
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