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Que jeunesse trépasse - Patrick Brisebois - 1999

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«[...] toutes les journées se ressemblent, toutes les années se ressemblent, toutes les années se rassemblent pour former un tas compact de langueur continuelle saupoudrée de malheur et de tristesse.» «Ah... Notre vie ne fonctionne pas!... il y a quelque chose de brisé!... [...] on a toujours été comme ça!... on est toujours en état de siège [...]... on ne changera pas!... rien ne change!... on fait juste semblant de fonctionner!... on ne fait rien pour se grouiller le cul!... on prend plaisir à se déprimer!... à se caler! à descendre encore plus profondément!... notre dos ne pourra supporter éternellement tout ce fardeau!... [...] ça ne peut plus continuer... on est vraiment dans la marde...» «Il doit y avoir une sortie, un moyen d'échapper à ça, cette horreur des réalités-là. Ne serait-ce que par la douleur, la peine, l'angoisse» «C'est trop ridicule, trop absurde... [...] On ne devrait pas avoir de sentiments, ni de conscience, rien!» «Je regarde mes mains et ne peux y croire : j'existe... Va falloir remédier à ça. On n'a plus le choix. On n'a plus de voix.» «Nous ne sommes qu'une bande de damnés» «J'ai le goût de vomir, encore»


Entrevue

 

À notre avis :

Quarante chapitres aux titres sexys (Mentalités et allergies, 6,66 piastres pile, Broyer du noir et l'appliquer, Le malheur, enfin). Ici je dois m'excuser : je n'ai pas fait un vrai résumé parce qu'il n'est composé que de phrases repiquées de l'oeuvre. Désolé encore, mais ça donne trop bien une idée de l'écriture, du propos et du peu d'importance accordée par l'auteur aux rebondissements de son histoire, pourtant nombreux. Ça aurait pu s'appeler L'insoutenable pesanteur de l'être si ce nom n'évoquait pas déjà une marque de crème glacée. Oh, il y a de l'humour (de désespéré), des jeux de mots et des anglicismes écrits bizarrement : «Waïnoth?», «Otarie! (Phoque!)», «Au quai». Paul-André Proulx (voir plus bas) y voit un livre calqué sur L'hiver de force, mais la comparaison a ses limites. Patrick Brisebois m'avouait il y a quelque temps avoir «de la misère avec certains aspects de» ce livre... Je comprends ses réserves, parce qu'il me semble qu'il a eu besoin de quelques dizaines de pages pour s'installer, mais il ne faudrait pas que lesdites réserves vous empêchent de [blablabla].

À son avis :

27.11.05 17:37 

En plein souper. So lit un Ducharme en mangeant alors que je regarde dans le vide, mon assiette terminée. À brûle-pourpoint, elle annonce qu’elle aime les romans sans intrigue.


- Ah oui? Moi aussi, je pense. L’intrigue, le message, c’est des trucs à Marc Fisher ça.


Mais pour de vrai, je dois avouer que je serais malheureux d’écrire un roman sans la moindre intrigue.


- Pat, est-ce qu’il y a un message dans ton livre Que jeunesse trépasse?


Je réfléchis paresseusement. 


- Oui : amusez-vous dans la vie car vous allez mourir.

- Et dans Trépanés?

- Rien ne sert de vous amuser car vous allez mourir.

- Et Chant?

- Vous êtes déjà morts.

 


Extrait de : Lolita en poudre (Le blog de Patrick Brisebois, qui n'existe plus) reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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À leur avis :

Paul-André Proulx

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